Avec les élections européennes puis les Jeux olympiques de Paris 2024, la fin de saison s'annonce sous tension et placée sous le signe de l'extrême vigilance pour les experts de la cybersécurité. Déjà réelles pour les collectivités, les établissements de santé et les grands événements sportifs, les attaques, de plus en plus sophistiquées, vont être démultipliées à l'approche ou pendant les JO à des fins de collecte de renseignements, de déstabilisation ou d'opérations lucratives.
Depuis Pékin en 2008, « tous les Jeux olympiques ont fait l'objet d'opérations cyber offensives » rappellent dans un livre blanc publié en janvier 2024, les chercheurs en Cyber Threat Intelligence (CTI) de Sekoia.io. L'entreprise de 110 personnes, qui vient de relocaliser son siège à Rennes, un bastion de la cybersécurité, édite une plateforme SOC clé en main (Security Operating Center), de détection des anomalies informatiques et de réponse aux attaques à destination des organisations publiques, des grands groupes du CAC 40, des ETI (entreprises de taille intermédiaire) et des PME (petites et moyennes entreprises).
Campagnes de piratages, logiciels malveillants destructeurs (wiper), opérations d'influence ou de perturbation ayant un impact sur la réputation du pays organisateur en interrompant la disponibilité des services pendant un certain temps (contrôle anti-dopage, billetterie) : ces attaques potentielles, également générées par l'IA ou par des mails automatiques, menacent autant les structures étatiques et celles liées aux JO, que les entreprises et le public.
Vigilance des sous-traitants, le corporate dans l'angle mort
« Les JO se tiendront, par ailleurs, dans un contexte géopolitique instable et caractérisé par plusieurs conflits en cours (Russie-Ukraine, Israël-Hamas). Les menaces d'attaques informatiques malveillantes sont de trois ordres » recense David Bizeul, cofondateur et Chief Scientific Officer de Sekoia.io.
«Il y a l'espionnage (avec l'utilisation de wiper destructeurs),mais aussila cybercriminalité visant à récupérer des données personnelles d'internautes intéressés par les JO (hameçonnage par mail et SMS, faux jeux concours), et enfin l'activisme, qui peut déboucher sur du terrorisme », détaille-t-il.