La Bretagne se voit en futur leader européen de la cybersécurité
Natasha Laporte
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C'est en Bretagne que le minitel, ancêtre de l'Internet, a vu le jour. Et c'est dans cette région que s'invente aujourd'hui la box de demain. Depuis les années 60, entre l'implantation du Centre national d'études des télécommunications et la présence d'Orange à Lannion (Côtes d'Armor), qui en a célébré le 60e anniversaire le 21 juin dernier, la région, de Brest à Rennes, a développé un remarquable écosystème du numérique et de la cybersécurité, d'autant qu'elle abrite aussi des sites militaires tels la DGA Maîtrise de l'information, de même que ComCyber. Une carte qu'elle entend bien jouer pour se distinguer et se développer. « L'objectif est d'avoir dans nos mains la capacité de protéger nos entreprises », affirme Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne. Le choix de la filière cybersécurité comme l'une des spécialités régionales est clair. « Notre ambition est d'être leader en Europe, et d'avoir tous les acteurs majeurs présents en Bretagne, en plus de Saclay, de Lille et de ce qui se passe en Estonie et à Bruxelles », déclare-t-il.
Ainsi, la Région planche sur un plan composé de trois piliers, qui devrait être annoncé prochainement. D'abord, « une politique d'accompagnement de la formation, depuis le collège », développe Loïg Chesnais-Girard. Ce qui implique d'ouvrir des BTS, des masters ainsi que des écoles doctorales et d'ingénieurs. Ensuite, « une politique d'innovation duale, civile et militaire », y compris en construisant des sites pour accueillir des startups qui innovent dans ce domaine. Et enfin, « le rayonnement et l'accompagnement de nos entreprises pour faire masse et dire que c'est ici que ça se passe », détaille-t-il.
« La filière cybersécurité est un véritable levier de développement économique », abonde Tiphaine Leduc, manager de la cybersécurité de Bretagne Développement Innovation. D'autant que « la transformation numérique ne peut s'opérer sereinement que si elle est accompagnée de cybersécurité ». C'est tout l'enjeu du travail piloté par l'agence économique de la Région : fédérer la filière et diffuser la cybersécurité dans l'ensemble du tissu économique breton pour sécuriser activités et acteurs. Avec ses quelque 8 000 à 10 000 emplois, la filière bretonne, en deuxième position derrière l'Ile-de-France, dispose de l'atout d'un maillage territorial fort. « Rennes est un bassin important parce que les acteurs étatiques y sont. Mais il y a également des compétences et des savoir-faire à Brest, en Bretagne Sud, avec Vannes et Lorient, et en Bretagne Nord, avec Lannion, bassin historique de télécoms qui se positionne également sur la cybersécurité », argumente-t-elle.
Natasha Laporte