Ils s'appelaient Lindsay, Lucas, Dinah, Nicolas. Derrière ces prénoms, des vies brisées, des familles endeuillées, des tragédies qui auraient pu être évitées. Chaque jour, des enfants et des adolescents subissent en silence la violence insupportable du harcèlement scolaire. Insultes, humiliations, intimidations, isolement... Ces jeunes sont traqués jusque dans leur intimité, leur vie empoisonnée par des mots et des gestes qui laissent des cicatrices profondes, souvent invisibles mais indélébiles.
Nos responsables politiques, main sur le cœur et discours bien rodé, promettent une « tolérance zéro ». Mais où sont les actes ? Depuis 2022, l'instabilité ministérielle empêche toute vision à long terme, essentielle pour un suivi durable. Pas de Grenelle, mais un plan d'action dont le déploiement reste flou, sans suivi ni évaluation tangible.
Les annonces se multiplient, mais les chiffres, eux, ne diminuent pas. Car la réalité est là : des budgets insuffisants voire inexistants, des équipes éducatives dépassées et formées à la hâte, des discours qui sonnent, malheureusement, un peu creux. Lorsqu'un drame éclate, c'est l'indignation de façade ; un nom de plus s'ajoute à la longue liste des victimes, et le lendemain, tout reprend comme avant.
Le harcèlement scolaire est un problème structurel mais des solutions existent : une délégation interministérielle dédiée, un véritable plan ambitieux pour renforcer la médecine scolaire, des suivis psychologiques systématiques pour les victimes et les harceleurs. Les réseaux sociaux, eux aussi, doivent respecter les règles : s'ils refusent de le faire, ils n'ont plus leur place sur notre territoire.
Par Nathan Smadja, président fondateur de l’Association Résiste, Pierre Debuisson, avocat, Betty Gervois, mère de Lindsay