LA TRIBUNE DIMANCHE - L'examen du budget reprendra mardi à l'Assemblée, après une première semaine de discussions au terme de laquelle celui-ci n'avait pu être adopté. Êtes-vous optimiste sur l'avancée des débats ?
DAVID AMIEL - Rien n'a changé depuis que j'ai dénoncé à l'issue de l'examen par la commission des finances de l'Assemblée nationale un budget « Frankenstein ». Il est le fruit de la complicité de circonstance entre le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire, sans aucune cohérence interne. Il exploserait les records d'impôts, entraînerait le pays dans la crise. Sans parler de la baisse irresponsable de la contribution française au budget de l'Union européenne ou de la suppression du mécanisme de sécurité d'approvisionnement en électricité du pays. Il faut se ressaisir.
Jugez-vous que le gouvernement fait suffisamment de concessions au groupe Ensemble pour la République ?
Si nous soutenons le gouvernement dans son effort de réduction des déficits, cela ne nous empêche pas de défendre nos idées, financées à l'euro près. Augmenter les charges pesant sur le travail, comme a choisi de le faire le gouvernement, se traduirait par une hausse du chômage. L'emploi ne doit jamais être une variable d'ajustement. Nous défendons une réforme alternative pour permettre la progression salariale. J'ai déposé un amendement, inspiré du rapport Bozio et Wasmer, pour renforcer les allègements de charges entre 1,2 et 1,9 fois le smic afin d'éviter que les salariés soient scotchés à vie à ce niveau, tout en réduisant d'autres allègements, notamment pour les plus hauts salaires, où ils sont moins efficaces. À la clé, cela représenterait entre 3 et 5 milliards d'euros de salaires débloqués, sans augmenter le coût global du travail. Nous attendons du gouvernement qu'il réponde favorablement à cette approche.