Le menu était à l'image de l'hôte de la soirée, sobre. Du céleri avec une tranche de saumon en entrée, suivi d'une volaille et d'un dessert, le tout pour 35 euros, dont chaque convive devait s'acquitter. Mardi 22 octobre à la questure du Sénat, Bernard Cazeneuve dînait avec une cinquantaine de parlementaires, des socialistes (Patrick Kanner, Claude Raynal, Philippe Brun, Dominique Potier...), des députés anciennement macronistes comme Sacha Houlié et Stella Dupont, certains membres du groupe Liot (David Habib et quatre autres députés) ou encore ses plus fidèles soutiens que sont le président du Parti radical de gauche, Guillaume Lacroix, et l'ancienne secrétaire d'État de François Hollande, Clotilde Valter.
Face à ses convives d'un soir, Bernard Cazeneuve a déroulé un discours basé sur quatre piliers : « la République inébranlable sur ses valeurs », dressant là un réquisitoire contre LFI et le RN, « l'égalité réelle à travers l'école et les services publics », ciblant sans le nommer le gouvernement Barnier, « la lutte contre le changement climatique sans décroissance » et enfin « le multilatéralisme dans le monde ». « Je suis socialiste », a lancé celui qui avait quitté le PS il y a deux ans lorsque ce dernier pactisait avec la Nupes de Jean-Luc Mélenchon.
Connu pour ses talents d'imitateur et son humour ciselé, Bernard Cazeneuve est resté ce soir-là très sérieux. La situation politique est trop grave pour en rire et, ces derniers mois, il a vécu tant de choses. À l'automne 2023, il a fait le choix de mettre sa vie politique entre parenthèses pour s'occuper de sa femme, atteinte de la maladie de Charcot. Il distillait des tribunes çà et là dans la presse mais son esprit était ailleurs, auprès de son épouse - avec laquelle il s'est marié deux fois et a eu deux enfants - jusqu'à son décès le 2 juin 2024.