La chronique de Douglas Kennedy. Paranoïa en politique américaine
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LTD/Fabien Clairefond
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« Êtes-vous ou avez-vous été membre du Parti communiste ? » Dans les années 1950, cette question était utilisée comme une arme à l'encontre de nombreux innocents par un sénateur républicain du nom de Joseph McCarthy, le populiste à l'origine de la « Peur rouge » (l'idée que les communistes avaient infiltré quasiment tous les domaines de la vie en Amérique). C'était au plus fort de la guerre froide.
Les Soviétiques venaient de tester leur première bombe atomique et accroissaient leur hégémonie totalitaire en Europe de l'Est. Aux États-Unis, les intellectuels, les journalistes, les universitaires et les artistes en tout genre étaient désignés par McCarthy comme des marxistes voulant détruire le sacro-saint « mode vie américain ». D'après ce marchand de peur, il y avait un Rouge sous chaque lit dans les maisons américaines.
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Ce règne de la terreur a duré plus de sept ans, et il était fondé sur un énorme mensonge : pendant la Grande dépression des années 1930, seules 60.000 personnes étaient enregistrées comme communistes dans tout le pays, et ce chiffre avait chuté à 10.000 au milieu des années 1950.
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Le terme de « maccarthysme » est alors devenu péjoratif, pour décrire la délation et la ruine d'individus souvent accusés d'avoir des penchants socialistes en raison d'accointances passées avec des mouvements politiques radicaux, ou qu'on jugeait coupables par simple association (collaborer à un projet de film écrit par un scénariste « gauchiste » faisait de vous un rouge à coup sûr), ou — encore pire — qui étaient dénoncés par d'autres.
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