François Bayrou a toujours vécu avec deux principes. « Quand tu as un pied dans la porte, il faut l'enfoncer » est le premier, et il l'a appliqué à la lettre le 13 décembre, quand il s'est imposé à Matignon alors qu'Emmanuel Macron lui avait initialement préféré Sébastien Lecornu, le ministre des Armées. « Le ciel te filera un coup de main » est le second, et le centriste a eu quelques fois l'occasion de le vérifier tout au long de ses quatre décennies de carrière politique.
Le 8 septembre, en revanche, tout indique qu'il ne se produira pas de miracle. Rien ne devrait venir sauver le Premier ministre de la situation dans laquelle il s'est mis. Le vote de confiance des députés qu'il a appelé de ses vœux devrait être très largement négatif et mettre un terme à son bail à Matignon. Ce départ ne prendra pas de court François Bayrou. Cela fait des semaines qu'il a intégré qu'il avait toutes les chances de survenir cet automne à l'occasion de l'examen des textes budgétaires et des motions de censure qui allaient nécessairement en découler.
Quand l'a-t‑il vraiment compris ? Début juin, à l'occasion de la réélection d'Olivier Faure comme premier secrétaire du PS face à des adversaires porteurs d'une ligne sociale-démocrate avec qui le Béarnais aurait pu davantage nouer des compromis ? Trois semaines plus tard, après l'échec du conclave sur les retraites entre partenaires sociaux, né à son initiative, qui avait alors illustré les ratés de sa méthode et l'avait par ricochet affaibli ?