« J'ai fait le plus gros boulot » : à Marseille, Michèle Rubirola continue d'œuvrer dans l'ombre
Laurence Bottero
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Michèle Rubirola à Marseille le 14 mars 2020.
LTD/Philippe DE POULPIQUET/LP/GAMMA RAPHO
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Michèle Rubirola à Marseille le 14 mars 2020.
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« Je suis heureuse. » Ces trois mots, Michèle Rubirola les prononce en plein cœur de l'été. Les mêmes que ceux qui, cinq ans plus tôt presque jour pour jour, exprimaient l'émotion de celle qui venait d'être élue maire de Marseille. En 2020, lorsque la coalition du Printemps marseillais* l'emporte dans les urnes, c'est presque une surprise. Même pour elle, car « par principe de précaution, ce principe qui est le propre du médecin », elle n'osait y croire. « J'ai fait le plus gros boulot, mettre fin à l'ère de Jean-Claude Gaudin », dit-elle, remerciant « les Marseillais » et rappelant que « c'est avant tout un travail d'équipe ».
Pourtant, rien ne la prédisposait à être première magistrate de la deuxième ville de France. « Ce qui m'a guidée, c'est l'amour de ma ville. J'aime Marseille par-dessus tout, comme on aime un enfant terrible. Marseille est attachante, énervante aussi. Mais elle méritait mieux que ceux qui l'ont dirigée pendant vingt-cinq ans. »
Sur les raisons profondes qui la poussent à renoncer à l'écharpe tricolore au bout de cinq mois et onze jours exactement, elle reste peu diserte, tout juste évoque-t‑elle une planification relative à sa santé qu'elle avait déjà actée avant le scrutin municipal. Les rumeurs d'un arrangement pré-élections, les commentaires désobligeants, elle n'en a cure. Son espace de jeu préféré reste le terrain, là où elle avoue s'épanouir.
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Désormais première adjointe de son successeur, Benoît Payan, à la tête d'une ville « plus juste, plus verte, plus démocratique », Michèle Rubirola ne chôme pas. Enchaîne les casquettes, devient présidente du conseil de surveillance de -l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), ouvre la première Maison sport-santé municipale, signe un contrat local de santé avec l'ARS, la CPAM et la préfecture à l'égalité des chances pour financer l'accès à la santé des populations en situation de handicap, relance le conseil local en santé mentale, monte un programme pour lutter contre l'obésité infantile... « La santé est politique, lâche-t‑elle. C'est un bien commun. » Loin de l'image mêlée de douceur et d'une sorte de nonchalance que certains lui accolent, Michèle Rubirola sait obtenir ce qu'elle veut.
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