Marseille : face aux difficultés, le centre-ville organise sa mutation
Colombe Laferté, Maëva Gardet-Pizzo
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« Menacé », « invivable »... Les qualificatifs venus du monde économique en général et du président de la Chambre de Commerce et d'Industrie en particulier, pour définir les difficultés du centre-ville de Marseille ne manquent pas. Encore moins depuis l'annonce en fin d'année du départ des Galeries Lafayette du Centre commercial Centre-Bourse alors que déjà, la perspective du déménagement de la Cité judiciaire vers le quartier Euroméditerranée officialisé l'année dernière avait crispé, la perte engendrée ayant été évaluée par la Chambre de commerce et d'industrie, à 18,3 millions d'euros.
« Nous sommes dans une période difficile », admet Guillaume Sicard, président de l'association des commerçants Marseille Centre. Dans les rues du centre-ville, la vacance commerciale atteint 15% contre 11 % en France. Un taux qui a doublé depuis 2008. D'après une étude réalisée en 2024 par la CCI Aix-Marseille Provence auprès de 212 commerçants, 52% d'entre eux déclarent une baisse de chiffre d'affaires au cours de l'année.
Il faut dire que le contexte économique actuel ne joue pas en la faveur de la Cité phocéenne. Si l'inflation ralentit peu à peu en France (+1,3 en 2024 contre +4,9 en 2023), il n'en reste pas moins que les commerçants subissent toujours les variations de consommation des clients qui « préfèrent désormais épargner, au détriment du loisir shopping qui existe de moins en moins », analyse Guillaume Sicard.
Pour beaucoup, le pouvoir d'achat est aussi particulièrement contraint. En particulier dans le centre-ville de Marseille où les taux de pauvreté sont bien supérieurs à la moyenne nationale. Dans le 1er arrondissement, 45 % des habitants vivent ainsi en dessous du seuil de pauvreté.
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S'y ajoutent des habitudes de consommation en mutation. « Ce qui rend le commerce très compliqué, c'est internet, et c'est encore plus vrai depuis l'arrivée du smartphone », observe Valérie Pares, associée de la foncière Praemia Reim qui officie dans une bonne partie du centre-ville. Un nouveau cap a été franchi avec l'épidémie de covid-19 et l'essor de l'utra fast-fashion. « Auparavant, 65 à 70% des commerces concernaient le prêt-à-porter ». Un secteur particulièrement mis à mal par la vente en ligne. « Cela contribue forcément à créer un vide dans les rues ».
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