LA TRIBUNE DIMANCHE - Que faut-il attendre de l'émission du président mardi sur TF1 ?
MAUD BREGEON - Nous sommes à une croisée des chemins. Le monde dans lequel ma génération a grandi s'effondre et se recompose. Nous vivons une succession de secousses qui inquiètent légitimement les Français. Face à ces bouleversements durables, le président prendra probablement le temps de retracer le fil conducteur qu'il a suivi ces derniers mois, de dessiner une direction et des moyens pour la tenir durant les deux années à venir. De la défense européenne, qui peut sembler lointaine mais n'a jamais été aussi nécessaire, en passant par les conséquences des choix américains ou chinois sur les emplois et les entreprises dans nos territoires, il y a bien un pilote dans l'avion. C'est cela que l'on verra mardi.
Après huit années à l'Élysée, où en est son lien avec les Français ?
La relation entre le président et les Français n'est jamais un long fleuve tranquille. Certaines de ses décisions ont été plébiscitées et saluées, d'autres ont généré de l'incompréhension et de la colère. Ce que je ressens dans ma circonscription, c'est qu'après une année 2024 difficile ce lien s'est apaisé. Et en huit longues années, jamais l'indifférence ne s'est installée. Face aux défis de l'époque et au-delà du regard qu'on peut porter sur les choix politiques du chef de l'État, chacun voit bien que son action reste déterminante. De son côté, le président n'a jamais rompu le lien avec les citoyens. Il continue les rencontres et les déplacements, parfois sans presse. Si j'ai bien une conviction, c'est qu'Emmanuel Macron n'est pas un déserteur qui abandonne ses troupes. Ceux qui cherchent à le cantonner au rôle de super-ambassadeur hors les murs en attendant 2027 se trompent lourdement.