Emmanuel Macron donne rendez-vous aux Français le 13 mai, sur TF1
Bruno Jeudy
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Photo d'illustration
Gonzalo Fuentes
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L'Elysée promet déjà une grande confession. Ce sera en tout cas une première depuis le début de ce second mandat pour Emmanuel Macron. Un prime time sur TF1 avec Gilles Bouleau aux commandes et des Français réunis dans un lieu qui ne sera ni les studios de TF1, ni le palais de la présidence de la République. Les prises de paroles du chef de l'Etat on plutôt été assez rares ces derniers temps, hormis son allocution du 5 mars et ses vœux du 31 décembre. Il faut remonter à la rentrée 2022 avec ses deux émissions sur France 2 avec la journaliste Caroline Roux et à celle, déjà sur TF1 et en direct de la salle des fêtes de l'Elysée, avec le tandem Darius Rochebain et Audrey Crespo-Mara, pour entendre Emmanuel Macron sur un long format audiovisuel. « Ce sera un truc qui n'a jamais été fait », confie-t-on enthousiaste dans l'entourage du président.
Le choix du 13 mai pour cette première grande explication depuis la dissolution l'été dernier ne passera pas inaperçu auprès des fétichistes des dates. Ce mardi 13 mai coïncide en effet avec le 8 e anniversaire de son élection. « Un hasard », jure un conseiller.
Il s'agit pour Emmanuel Macron de « monter la continuité et les cohérences depuis 2017 ainsi que les actions à mener dans les deux ans qui restent ». Voilà pour les raisons de cette prise de parole surprise alors que le chef de l'Etat a amorcé, ce lundi, une semaine très européenne avec la réception d'Ursula Von der Layen à l'occasion du lancement de « Choose France for science ». Il poursuivra mercredi avec la première visite à Paris du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz pour une longue visite de travail. Jeudi, ce seront les commémorations du 8 mai 1945, à Paris, sous l'Arc de Triomphe. Enfin, vendredi le président sera à Nancy pour la signature d'un premier traité d'amitié avec la Pologne de Donald Tusk.
En panne de popularité, Emmanuel Macron s'est mis en silence relatif, depuis de longs mois, faute de pouvoir peser véritablement sur les choix politiques intérieurs. Après l'intermède Michel Barnier, il a laissé quasi contraint et forcé son Premier ministre François Bayrou (il aurait préféré Sébastien Lecornu) se colleter avec la représentation nationale totalement fragmentée à l'Assemblée nationale depuis la dissolution ratée de 2024. Une situation de blocage qui empêche de développer des véritables politiques publiques et de mener à bien des réformes pourtant urgentes. La loi de finances 2025 est passée au forceps grâce à l'abstention du PS qui a renoncé à censurer le gouvernement. Rien ne dit que les socialistes ne finiront pas par appuyer sur le bouton censure à l'automne.
En difficulté, le Premier ministre a évoqué ce week-end la possibilité de soumettre aux Français par voie de référendum un « grand plan d'ensemble » pour endiguer la dette de la France. En attendant, Emmanuel Macron veut mettre l'accent le 13 mai, dans cette émission de télévision, sur la situation internationale et les angoisses qu'elle créé chez les Français : la guerre en Ukraine qui se prolonge, la sécurité des Européens, les foucades de Donald Trump, la guerre commerciale déclenchée par l'Amérique. Le président devrait faire des annonces sur la politique de réarmement annoncée lors de son allocution du 3 mars. Le chef de L'Etat veut aussi se relancer sur le débat intérieur malgré les nouvelles contraintes institutionnelles et éclairer les concitoyens sur ce « trouble des repères », selon la formule d'un conseiller.
Emmanuel Macron pourrait en profiter pour annoncer un projet de référendum qu'il prépare de longue date et dont La Tribune Dimanche avait fait été au début de l'année. Deux ou trois questions sont envisagées par la présidence de la République. Les Français disposeraient toutefois d'un seul bulletin de vote sur lequel ils seraient invités à cocher les cases oui ou non. Une formule inédite sur laquelle planchent les conseillers élyséens depuis de longs semaines. A ce stade, ce projet de référendum n'inclut pas du tout la question proposée par François Bayrou ce dimanche. « Emmanuel Macron est décidé à jouer la carte de la démocratie directe, estime un proche. Le président juge que les Français n'en peuvent plus des jeux parlementaires et qu'il faut leur parler des sujets qui concernent leur quotidien comme les rythmes scolaires, les écrans et bien d'autres », ajoute un macroniste.
Bruno Jeudy