La guerre des droits de douane de Donald Trump divise son équipe. En pleine débâcle, les milieux d’affaires grognent et les sondages baissent.Après 83 jours à la Maison Blanche, le pouvoir incontesté de Donald Trump ne vacille pas encore. Il semble même prémuni grâce à la surprenante servilité des institutions fédérales, minées de l'intérieur par une boule de démolition appelée DOGE, le « bureau de l'efficacité gouvernementale » dirigé par le milliardaire Elon Musk.
Mais les premières lézardes apparaissent dans la carapace. Lorsqu'il tweete mercredi « Restez cool ! » sur son réseau Truth Social, le message s'adresse aux investisseurs et à ses compatriotes, affolés par la guerre commerciale déclarée au reste du monde lors du « jour de libération », une semaine plus tôt. Mais il cible également les voix dissonantes à l'intérieur du camp présidentiel, dont l'écho s'amplifie.
La souveraineté de Donald Trump finalement remise en cause ?
Le moratoire de 90 jours sur les hausses douanières - à l'exception notable de celles concernant la Chine - n'a guère apaisé les tensions internes. À la Chambre des Représentants, une mutinerie de l'aile radicale du Parti républicain a fait long feu lors des négociations sur le budget, mais sept sénateurs républicains ont fait défection pour s'associer à une proposition de loi démocrate réclamant une reprise en main des questions tarifaires par le Congrès.
Ce psychodrame survient à point nommé pour masquer un fiasco diplomatique : malgré l'optimisme de façade et les promesses de l'équipe Trump, la guerre en Ukraine se poursuit, et les frappes aériennes redoublent avant une offensive russe annoncée comme imminente.
Par Maurin Picard, correspondant à New York