C'était le 16 janvier 2024, sous les dorures de la salle des fêtes de l'Élysée. Emmanuel Macron annonçait un « réarmement démographique » face à ce qu'il qualifiait de « tabou du siècle ». Le chef de l'État envisageait alors de généraliser les tests d'infertilité dès 20 ans, de créer un congé de naissance, de développer la recherche sur la procréation médicalement assistée (PMA) ou encore d'ouvrir 100000 places en crèche d'ici à 2027.
En mai dernier, il accordait ainsi un entretien au magazine Elle pour confirmer son ambition : « Toute femme doit disposer librement de son corps. Mais un chiffre m'interpelle : le taux de fécondité est de 1,8 et le taux de désir d'enfant s'établit à 2,3. » L'interpellation en est restée là.
« Entre les européennes, la dissolution, la censure, quels sont les projets qui ont avancé en 2024 ? » questionne une ministre au fait du sujet. Pourtant, tout était prêt. Missionnés en 2022 par le gouvernement, le professeur Samir Hamamah et Salomé Berlioux, autrice d'un livre sur l'infertilité (La Peau des pêches, Stock), avaient rendu un rapport très complet, comportant six axes et vingt recommandations.
Mais personne n'y avait donné suite. Arrivé au ministère de la Santé en février 2024, Frédéric Valletoux les avait tous deux conviés dans son bureau en mars, puis la ministre Catherine Vautrin les avait elle-même reçus le mois suivant. Mais les aléas de l'histoire politique ont tout paralysé.