Ce mardi 8 janvier, sous les dorures de la Banque de France, le petit monde économique parisien se presse pour la cérémonie des vœux de François Villeroy de Galhau. Ami du gouverneur, Éric Lombard, le ministre de l'Économie, a pris le temps de venir. Tout comme Patrick Martin du Medef, Marylise Léon de la CFDT... Tous écoutent le gouverneur souligner « la gravité de la situation budgétaire », pointer « le spectre de la récession en Europe » et en appeler à « préparer l'avenir sans ployer sous le poids du présent ».
Mais l'hôte se garde bien d'évoquer le dossier sensible des retraites, pourtant clé de voûte de l'accord qui se dessine entre l'exécutif et une partie de la gauche pour éviter la censure du gouvernement Bayrou. Autour du buffet, la remise en question de la réforme Macron nourrit les discussions. Ce week-end, alors que s'achèvent les dernières tractations, la mise sur pause pendant six mois de ce texte semble prendre forme. Ce sera LA « concession remarquable » exigée par les socialistes, le scalp pour justifier leur émancipation des Insoumis.
Les partenaires sociaux sont les premiers surpris de l'inflexion du gouvernement. Pour les syndicats, qui ont bataillé pendant des mois contre ce texte, c'est le cadeau qu'ils n'attendaient plus. Avec, en prime, la remise en question de l'âge légal de départ à 64 ans désormais à portée de main. Le patronat s'étrangle, et tente d'alerter, y compris l'Élysée. Mais comment faire le poids face à la nécessité d'avoir un peu de stabilité politique ? « Qui peut se payer une nouvelle censure ? Depuis la dissolution, l'économie recule... Que feront les patrons si la France reste sans budget ? » se justifie l'exécutif.