Elle entre dans la salle Voltaire du tribunal de Paris sans faire de bruit, une apparition, couverte de diamants, corsetée dans une robe noire à épaulettes qui tombe jusqu'aux pieds. Sa mère, Kris Jenner, se tient à ses côtés, lunettes de soleil et costume cravate. Quatre gardes du corps et une publiciste accompagnent aussi Kim Kardashian. Une bague à l'un de ses doigts, un impressionnant solitaire, retient l'attention. Comme un pied de nez à ceux qui l'ont dérobée huit ans auparavant et qui sont assis là, tout près. Les quarante journalistes - sur les 490 accrédités - qui ont pu s'installer sur les bancs de la presse n'en perdent pas une miette.
« Hello », dit-elle à la barre, perchée sur des talons aiguilles. «Je suis Kim Kardashian, je veux remercier tout le monde, en particulier les autorités françaises de me permettre de venir parler. » « J'ai toujours beaucoup aimé Paris. Avant , je me promenais la nuit dans les rues, je m'arrêtais dans des cafés boire des chocolats chauds».
Puis elle entre dans le vif du sujet, la nuit du 2 au 3 octobre 2016, et très vite des larmes coulent sur son visage. Elle se souvient des bruits de pas dans l'escalier qui monte à sa chambre, à l'hôtel No Name où elle est restée ce soir-là avec son amie Simone Bretter. Elle croit que sa sœur rentre de boîte de nuit. Elle appelle. Sans réponse. Elle comprend que quelque chose ne va pas. Elle attrape son téléphone, elle veut prévenir son agent de sécurité... Kim Kardashian, 44 ans, s'exprime en anglais, posément, sans emphase. Elle choisit ses mots, traduits en français par deux interprètes.