Après le Vendée Globe et une traversée de l’Atlantique avec Inoxtag, Guirec Soudée se lance cet hiver dans un tour du monde en solitaire dans le sens contraire des vents.
Au printemps 2025, Guirec Soudée célèbre en famille les 80 ans d'un oncle, dans le Sud-Ouest. Il devise avec une cousine, qui lui confie ressentir des vibrations. Elle lui demande de s'allonger sur l'herbe afin qu'elle pose ses mains sur son corps. Le jeune aventurier s'exécute.
Verdict : « Tu as eu plusieurs vies avant celle-ci, expose la magnétiseuse. Dans l'une d'elles, tu es parti très jeune. C'est pour ça que tu as besoin de vivre sans perdre une seconde. » L'intéressé juge l'explication valable. Elle donne du sens à ce qu'il ressent souvent, comme cette émotion qui l'a étreint quatre mois plus tôt sur son voilier, la veille de son arrivée du Vendée Globe, après 89 jours de mer.
Au lieu de vivre ce moment comme un accomplissement, il s'est inquiété. « J'ai eu du mal à accepter que bientôt, ma principale préoccupation serait de payer mon comptable. » Alors, à peine sa botte posée sur le ponton des Sables-d'Olonne, il déclare à la presse : « Je vais m'attaquer dans l'année au record du tour du monde à l'envers en solitaire. »
Aux premières loges, son équipe tombe de l'armoire. Il n'a pas de sponsor intéressé, ni argent, ni bateau, ni expérience sur les Ultim, ces multicoques géants taillés pour ce genre d'exploit. Il a juste l'intuition qu'il doit utiliser la fenêtre médiatique pour faire de l'œil aux partenaires. Bien vu.
À peine mis à l'eau le 18 juin 2025, après avoir été remis en état et équipé de ses nouvelles voiles aux couleurs de la MACSF, le bateau de Guirec Soudée commence ses premières navigations à partir du port de Lorient-La Base. (Crédits : LTD/Adrien Cordier)