AFFAIRE DE FAMILLE (5/7) — Outre les très grands groupes encore détenus par leurs fondateurs ou leurs descendants et les TPE, la France compte environ 50.000 entreprises familiales. Cotées ou non, elles sont présentes dans tous les secteurs. Cet été, retrouvez l’histoire de sept d’entre elles.
En cent quarante et un ans, les tempêtes n'ont pas manqué. Elles ont surgi d'un peu partout, souvent causées par des crises planétaires, dont celle des subprimes en 2008 ou la pandémie de 2020. Mais aussi, parfois, par des catastrophes industrielles, comme celle de l'osmose qui abîma les coques au début des années 1990, provoquée par le fournisseur d'un matériau défectueux. Le champion de la plaisance, numéro un mondial dans deux catégories du nautisme (les bateaux à moteur de 40 à 60 pieds et ceux à voile monocoque et multicoque) et numéro un européen des hors-bord, les a toujours surmontées.
L'entreprise est née d'une révolution imaginée par Benjamin Bénéteau, son fondateur, en 1884. Embarqué comme mousse à 12 ans sur la chaloupe Elisa avant de devenir architecte naval à la fin de son service militaire à la Corderie royale de Rochefort, ce Vendéen né à Croix-de-Vie en 1859 a le premier eu l'idée de doter d'un moteur les bateaux de pêche en bois.
Si cette innovation lui a valu d'essuyer à l'époque la colère des femmes de pêcheurs ayant préféré rester à la voile (et donc en retard sur leurs concurrents pour vendre le produit de leur pêche à la criée), elle a permis l'essor du premier chantier naval du clan.
Quatre générations plus tard, Groupe Beneteau compte 16 sites de production, aux processus industriels ultra-rodés, qui mobilisent une cinquantaine de métiers différents. En France, mais aussi aux États-Unis, en Pologne, en Italie, au Portugal et en Tunisie. Ainsi que quatre centres de R&D.
Premiers modèles en polyester fabriqués dans l'usine Bénéteau. (Crédits : LTD/Collection particuliere Beneteau)
Marie-Pierre Gröndahl, envoyée spéciale à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée)