Athlétisme : « Je commence à réadapter mon niveau de vie » (Renaud Lavillenie)
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Renaud Lavillenie
SEBASTIEN BOUE/PRESSE SPORTS
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Opéré mi-septembre d'une rupture à 90 % de son tendon ischio-jambier de la cuisse gauche, Renaud Lavillenie, 37 ans, sait que Paris 2024 est encore loin. Mais l'ancien recordman du monde de saut à la perche (6,16 mètres en 2014) entend bien en être. Faute de sauter, le voilà en promotion. Celle de son autobiographie, Je ne regrette (presque) rien (Solar, 320 pages, 20,90 euros), dans laquelle l'unique médaillé d'or français en athlétisme des six derniers Jeux parle de tout sans tabou. D'argent notamment.
L'économie de l'athlétisme en France est-elle trop précaire pour en vivre ?
Globalement, oui. Tu t'en sors quand tu es dans le top 20 mondial. Mais le dixième Français peut vite être en difficulté. La complexité, c'est que nos revenus dépendent de nos performances, qui t'apportent des gains et des partenaires. On n'a pas de marge quand on est blessé ou qu'on a une baisse de régime. Depuis quelque temps, la fédération a mis en place un contrat professionnel qui permet de bénéficier du statut de salarié. On est sur des sommes dérisoires comparé à d'autres sports [autour de 1 500 euros par mois], mais ce n'est pas négligeable. Moi, je n'avais pas ça à mes débuts.
Au début, la pratique coûte de l'argent ?
Pour un perchiste, les perches, c'est entre 500 et 1 000 euros l'unité, et il en faut entre cinq et dix pour être bien. C'est un investissement, souvent assumé par les clubs... Il faut ajouter les déplacements. Impossible en train, car on ne peut pas y mettre une perche. Pour l'avion, il y a un gabarit minimum d'appareil. On est donc beaucoup en voiture. En 2008, j'ai commencé à avoir des compétitions partout en France et à avaler les kilomètres avec ma Supercinq.
Quand vous êtes-vous dit « je vais en vivre » ?
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Dans un premier temps, l'idée est surtout de « survivre de ta discipline ». Tu franchis une étape quand ton année ne t'a pas coûté d'argent. Mon premier gain en meeting, ça devait être à 18 ans : 30 euros. Je n'ai pas encadré le chèque, mais il y avait une petite fierté. Puis ça passe à 150, 200, 300, 500 euros, puis à quatre chiffres... En 2009, j'ai arrêté mes études car je venais de signer un gros contrat équipementier. Revenus multipliés par cinq. C'était assez pour vivre une année et même un peu plus. Je pouvais me concentrer à 100 % sur le sportif. Il y a eu des étapes, mais je me suis vite retrouvé à 100 000 euros annuels. Pas en salaire mais en chiffre d'affaires, car j'ai monté une société avec l'aide du comptable de mon père. Ça m'a permis de capitaliser et de lisser quand mes revenus ont baissé.
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