Dans la boîte à clichés, difficile de trouver sport mieux achalandé que le golf. L'écho dit même parfois que ce n'en est pas vraiment un, plutôt une promenade dans l'herbe, au besoin aidée d'une voiturette pour parer au coup de chaud. Les pros à la petite bedaine avaient accentué l'idée avant que Tiger Woods, en remettant les abdos d'équerre et la préparation physique en avant, ne la malmène.
Quoi d'autre ? Le golf est un sport de « vieux ». Là encore, l'élite a pu soutenir la thèse. Il y a vingt ans, côté masculin, la moyenne d'âge du top 20 mondial s'élevait à 37 ans, tableau anachronique à l'échelle des sports professionnels. La voilà désormais abaissée à 32, alors qu'un pic de jeunisme avait été atteint en 2021 (27 ans). Reste la pratique populaire. En France, alors que le nombre de licenciés a progressé de 8,4 % sur la dernière décennie (442 500 en 2024), l'afflux n'a pas vraiment été le fait de jouvenceaux. L'âge moyen des golfeurs foulant les 611 parcours traditionnels de France se maintient à 54 ans (53 chez les hommes, 57 chez les femmes).
Le besoin de renouvellement se fait sentir et l'opération Tous au golf, conduite par la fédération et à laquelle participent 350 clubs jusqu'à dimanche prochain, dernier jour du Masters à Augusta (États-Unis), en est le corollaire. Une séquence portes ouvertes pour que les curieux, qui hésitent encore à pousser celles du club-house voisin, « se fassent leur propre opinion de [ce] sport et qu'ils dépassent les idées reçues », appuie le président de la ffgolf, Pascal Grizot.