Steve Kerr avait le visage grave de circonstance lorsque les médias américains lui ont demandé de réagir à la tentative d'assassinat contre l'ancien président Donald Trump, le 13 juillet. « C'est un nouvel exemple de notre division politique, mais aussi de la culture des armes à feu », a déploré le coach de Team USA, l'équipe masculine de basket, opposée à la Serbie (à 17 h 15 aujourd'hui) pour son entrée dans le tournoi olympique à Villeneuve-d'Ascq (Nord). Songer au tireur armé d'un fusil semi-automatique AR-15 âgé de 20 ans est pour lui « démoralisant » et « effrayant ».
Si l'Amérique n'était pas décimée par une épidémie de crimes par armes à feu, Steve Kerr parlerait plus souvent le langage du basket. La passion d'une vie. Trente années à enfiler les paniers à l'université d'Arizona puis dans six franchises de la NBA, avec cinq titres de champion à la clé. Dix autres à faire des Warriors de Golden State l'équipe la plus dominante de la dernière décennie (quatre bagues de 2015 à 2022). Mais l'Amérique étant ce qu'elle est, ses prises de parole suivent aussi la chronologie macabre des tueries de masse à travers le pays.
En mai 2022, l'équipe californienne préparait un match au Texas quand un assassin de 18 ans a ôté la vie à 21 innocents dans une école primaire de l'État, à Uvalde. Les mots déchirants qu'il a prononcés ce jour-là sont restés dans bien des mémoires. « Je suis tellement fatigué de me tenir là à offrir mes condoléances aux familles dévastées, a-t-il commencé, des larmes plein les yeux. Je suis épuisé des minutes de silence. Quand allons-nous faire quelque chose ? » Infatigable opposant au lobby des armes à feu, la puissante NRA, il a accusé ceux qu'il juge coupables : « Cinquante sénateurs [républicains] qui retiennent en otage les 90 % de la population, de tous bords, qui réclament une nouvelle réglementation . »