La réalité copie la fiction. En 2021, dans son roman La Chance d'une vie, le très populaire écrivain John Grisham imaginait l'émergence de Samuel Sooleymon, athlète soudanais prodigieux, bientôt happé par le basket américain. Cette histoire, c'est aussi celle, bien réelle, de Khaman Maluach. Cet intérieur de 17 ans partage avec Victor Wembanyama, de trois ans son aîné, un certain nombre de caractéristiques : il peut shooter de loin et de près, contrer beaucoup de ballons, profitant de ses 2,18 mètres, quatre centimètres de moins que le Français, à ceci près que sa croissance n'est pas terminée. Maluach estime lui-même qu'il pourrait encore prendre cinq centimètres. Ça sera moins que son compatriote Manute Bol, 2,31 mètres qui en ont fait un phénomène (de foire) dans les années 1980, mais peut-être plus que son fils, Bol Bol (2,21 mètres), l'un des big men les plus agiles de la NBA.
Mais là où le héros de Grisham passait du lycée à la NBA, Maluach vient d'ajouter une étape à son parcours. Mercredi, il a annoncé qu'il jouerait à la rentrée pour Duke, l'un des programmes universitaires les plus prestigieux du pays - et autrefois réputée fac de Blancs. Il n'y restera peut-être pas plus d'une année : il pourrait être choisi en troisième position de la draft en 2025, d'après une projection d'ESPN ; d'autres médias et analystes pensent qu'il peut espérer le premier rang. Comme « Wemby » l'an passé, et comme deux Africains seulement avant lui : le très doué Hakeem Olajuwon (1984) et l'infortuné Michael Olowokandi (1998), tous deux Nigérians.