L’ultra-trail cherche la femme
Stéphane Colineau
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Courtney Dauwalter lors de l’UTMB 2023, remporté dans sa catégorie.
LTD / SEBASTIEN BOUE/PRESSE SPORTS
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Courtney Dauwalter lors de l’UTMB 2023, remporté dans sa catégorie.
LTD / SEBASTIEN BOUE/PRESSE SPORTS
« Elle termine l'Ultra-Trail du Mont-Blanc en allaitant son bébé de trois mois ». Le 3 septembre 2018, ce titre s'étale en Une de certains médias généralistes. La photo qui l'illustre devient virale : elle immortalise la Britannique Sophie Power, en train de donner le sein à son fils dans la salle de ravitaillement de Courmayeur (Italie), seize heures après le départ de Chamonix. La championne est assise sur une chaise au confort sommaire, regard fixé sur l'enfant qu'elle tient dans ses bras. À ses pieds, un concurrent masculin est allongé sur le sol, jambes en l'air pour mieux récupérer. Deux sexes, deux préoccupations. L'allégorie est redoutable. Vingt-sept heures plus tard, Sophie Power boucle, à 36 ans, la légendaire épreuve de 171 kilomètres.
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Six ans ont passé, la puissance du cliché n'a pas faibli. Les femmes désireuses de se lancer dans pareille aventure ont toujours plus d'obstacles à franchir que les hommes. Les huit courses organisées cette semaine par l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) inspireraient presque une formule mathématique : plus les distances sont longues, moins les femmes sont nombreuses. Elles seront 45 % à participer mardi à l'ETC sur 15 kilomètres ; vendredi, elles seront 30 % à courir l'OCC (55 kilomètres) et 13 % à se lancer dans la course reine, l'UTMB sur les 2 300 inscrits cette année. Le climat alpin n'y est pour rien : 13 %, c'est aussi la proportion de femmes inscrites au Grand Raid de la Réunion 2023 (170 kilomètres), autre moment phare de la saison.
Stéphane Colineau