L'opposition de styles intrigue, le triomphe des partitions collectives ravit. Hormis au pays de la remontada, l'Europe du foot fait front commun pour admettre que les deux meilleures équipes de la 70e édition de la Ligue des champions se retrouveront en finale le 31 mai à Munich. C'est presque une prouesse, les deux finalistes ne se sont jamais rencontrés en dehors des tournées commerciales. Sans historique commun, il faut se contenter de ce qui les a reliés cette saison : l'Inter a éliminé le Bayern qui avait battu le PSG en phase de ligue ; a dominé Arsenal et Monaco comme Paris ; et a tenu en échec Manchester City à l'Etihad quand Luis Enrique et les siens l'ont renversé au Parc.
Toutes les statistiques clés penchent côté français, sauf les arrêts et les buts concédés. À trois semaines du rendez-vous, le PSG a davantage la cote chez les bookmakers. C'était l'inverse au premier jour de la campagne. Les analystes plaçaient même l'Inter sur le podium des favoris, derrière City et le Real, avec 10,9 % de chances de l'emporter, selon Opta.
Sous-estimé, le club milanais, triple vainqueur de l'épreuve (1964, 1965, 2010), ne sort pas de nulle part. Le PSG, lui, en revient. Qualifié sur le fil, il est passé par les barrages puis a sorti le leader du championnat à 36, Liverpool. Qu'il a remplacé avec dignité : dans le dernier carré, il était le seul intrus puisque Arsenal, Barcelone et l'Inter complétaient le quatuor de tête.
Déjà sacré champion de France, Paris peut se concentrer sur ses deux finales, celle de Coupe de France contre Reims précédant d'une semaine celle de C1. Il peut rêver de triplé, voire plus avec le premier Mondial des clubs. Où il croisera peut-être l'Inter. Privés de finale de Coupe d'Italie par le voisin en demie, les Nerazzurri caressent encore l'espoir de conserver leur titre national malgré trois points de retard sur Naples.