Son petit nuage, il a veillé à ne pas trop s'attarder dessus. Les confettis du Club France à peine époussetés, la parade des Champs-Élysées à peine savourée, le côté « très terre à terre » de Tanguy de La Forest a repris la main. « Dès le lendemain, je me suis remis à mon travail. Peut-être aussi pour éviter d'être nostalgique de ces moments. » Lors de la cérémonie de clôture, à côté du drapeau et d'Aurélie Aubert, c'était lui. Avec la chouchoute estivale des Français, ils ont lié connaissance le jour même, pendant le trajet menant au Stade de France et sa grande scène électro.
Titrée en boccia, elle avait touché le public par sa fraîcheur, toute nouvelle dans le paysage. Lui a 46 ans, presque vingt de plus qu'elle. Il est une figure identifiée, secrétaire général du Comité paralympique et sportif français. Et surtout un visage mémorable pour ceux qui l'ont vu conter sa première médaille aux Jeux, l'argent en tir à la carabine (10 mètres debout, SH2). Avec cet « enfin » qui lui imbibe aussitôt les yeux et remue la voix, en repensant aux cinq précédentes éditions bouclées à vide. Il y avait là « une forme de délivrance ».
Los Angeles 2028 en suspens
L'or en 10 mètres couché enluminera la séquence, propagera d'autres émotions, et le fera donc porte-drapeau. Il en a été « très surpris », « d'autres le méritaient tout autant ». Avec le recul, il comprend que le diptyque « performance-persévérance » a touché, et il « trouve ça beau ». Tellement beau qu'il arrêtera peut-être là-dessus. Tellement beau qu'il sera peut-être gagné par le revenez-y, jusqu'à Los Angeles 2028. Ce serait sa septième paralympiade dans une discipline découverte gamin dans une kermesse, quelques années après qu'on lui a diagnostiqué une amyotrophie spinale infantile. Cette maladie neuromusculaire progressive, dont l'évolution a sans doute été ralentie par la pratique sportive, ne lui permet pas de porter de poids de plus de 500 grammes. Donc sa carabine.