Aurélie Aubert, championne de la persévérance

Laurence Bottero

Aurélie Aubert, médaillé d'or de boccia
LTD/REUTERS/Eng Chin An

Laurence Bottero

Aurélie Aubert, médaillé d'or de boccia
LTD/REUTERS/Eng Chin An
Elle a été la révélation française des Jeux paralympiques 2024. Insufflant sa bonne humeur et sa pugnacité dans une discipline jusqu'alors inconnue du grand public. Qui, avant septembre dernier, connaissait la boccia, cette épreuve inspirée de la pétanque ? Sa médaille d'or en individuel - sa toute première - et sa mise en avant en tant qu'ambassadrice lors de la cérémonie de clôture ont propulsé Aurélie Aubert sur le devant de scène. Une notoriété à laquelle elle ne s'attendait pas. Et que la discrète jeune femme considère encore avec le maximum de recul possible.
Pour l'aider au quotidien, elle peut compter sur Claudine Llop, sa coach et assistante, qui accompagne Aurélie sur le terrain et en dehors depuis presque toujours. L'entraîneuse n'hésite pas à mettre la sportive face à ses responsabilités. Ainsi, lors de la finale qui l'oppose à la Singapourienne Yee Ting Jeralyn Tan, la Française est un peu dans sa bulle. Loin des réseaux sociaux qui s'enflamment. De fait, La championne raconte qu'elles ont « passé les épreuves jusqu'à la finale, les unes après les autres, sans anticiper » : « Nous l'avons fait en étant concentrées sur le plaisir du jeu, sans nous mettre de pression. J'avais laissé mon téléphone dans ma chambre, Claudine avait mis le sien en mode avion, donc je n'avais pas conscience de ce qui se passait sur les réseaux sociaux. C'est ce qui a fait notre force. »
La déferlante de messages et de sollicitations l'atteint après coup. Mais si elle sait se détacher des réseaux et de son image, c'est parce qu'il y a eu un précédent, lorsqu'en championnat de France la trop grande attention apportée à Instagram, TikTok ou Twitter lui avait fait perdre ses moyens. Et sa chance de remporter l'épreuve. La leçon est vite assimilée et Claudine Llop veille au grain. « J'avais beau être prête sportivement, un grain de sable a tout chamboulé. Désormais, je reste loin de mon téléphone lorsque je suis en compétition. »
Femme dans un sport considéré comme masculin, cela a-t-il représenté une difficulté ? « J'avoue qu'être la capitaine de l'équipe, alors que mes coéquipiers sont des hommes, a suscité un peu de machisme, mais très rapidement, ils ont compris pourquoi j'étais capitaine », dit-elle malicieusement.
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Si Aurélie Aubert a permis à la boccia de gagner en visibilité en une olympiade, cela fait longtemps qu'elle intervient dans les collèges et lycées. « Nous espérons surtout que la notoriété dont a bénéficié la boccia lors des Jeux olympiques de Paris 2024 va nous rendre la tâche plus facile en matière de recherche de financement, précise-t-elle. Car il faut constamment se battre. L'argent obtenu avec ma médaille va permettre de financer une partie de mes besoins. Nous sommes actuellement en discussion avec de possibles mécènes. Les coachs assistants, comme Claudine, sont bénévoles. Or leur rôle à nos côtés est primordial. » Sur ce point aussi, la prise de conscience est nécessaire.
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