Paralympiques, des Jeux hors norme !
Sophie Iborra

Retrouvez la chronique bimensuelle de Sophie Iborra, Directrice Conseil Engagement de La Tribune.
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Sophie Iborra

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Finito ! Les Jeux paralympiques de Paris 2024 s'achèveront ce dimanche refermant, ainsi, définitivement la parenthèse enchantée. 11 jours de compétition exceptionnelle, un record de participants avec, à ce jour, plus de 2,3 millions de billets vendus, une couverture médiatique inédite avec 160 pays ayant acquis les droits de diffusion et 4.400 athlètes paritaires promus, (enfin), au rang de stars. Ces Jeux furent, décidement, hors norme et cet été, celui de tous les records.
Au même moment, le film d'Artus « Un p'tit truc en plus » explose les compteurs du cinéma français avec plus de 10 millions d'entrées. Preuve incontestable que le handicap peut « faire recette », malgré la réticence des producteurs ou le dédain de grandes maisons de couture au moment d'habiller les acteurs du film pour monter les marches du festival de Cannes. Et le public en redemande, le succès de l'émission « Les rencontres du Papotin », diffusée en prime time sur le service public démontre que le handicap, visible ou pas, n'est plus un tabou dans notre pays.
Il faut dire que l'attente de ces JOP était grande ! Bien sûr, nous avons eu droit aux oiseaux de mauvais augure qui prédisaient le chaos, la honte et le déshonneur. Raté ! Non seulement la catastrophe n'est pas arrivée, mais en plus, ce rendez-vous planétaire « so frenchie » restera dans les annales du sport olympique et paralympique. Joie, ferveur, fairplay, les Français ont redécouvert le sport et ses valeurs universelles.
Mieux encore, pendant 11 jours, ils ont suivi, encouragé et applaudi des athlètes, qui ont prouvé au monde que le handicap n'est pas une limitation insurmontable, mais une condition qui peut être transcendée par la détermination et le talent. Changer notre regard sur la différence, faire évoluer les mentalités, c'était le grand pari (réussi) de ces Jeux Paralympiques.
Les bénéfices des JOP ne doivent pas nous faire oublier que le chemin de l'inclusion est encore semé d'obstacles pour des millions de personnes. Certes, l'organisation des Jeux, annoncés comme les plus inclusifs de l'histoire, a mis le paquet pour permettre à son public dans sa diversité d'accéder aux sites de compétition, mais se déplacer quotidiennement dans Paris demeure un parcours de combattant.
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Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et du syndicat des transports de la région (IDFM) a annoncé la semaine passée vouloir profiter de cet événement pour aller plus loin en matière d'inclusion dans les transports. Objectif : « Un métro pour tous ». Une belle ambition qu'appellent de leurs vœux les associations depuis des lustres. Reste qu'elle coûterait la bagatelle de 20 milliards d'euros et prendrait au minimum 20 ans. Bref, on n'est pas sortis des ronces !
Si les pouvoirs publics ont un rôle crucial à jouer pour améliorer la vie de tous les citoyens, le secteur privé ne doit pas se soustraire à ses responsabilités. Quid des entreprises ? Ont-elles pris leur part dans cette « révolution inclusive » si chère au boss de Paris 2024, Tony Estanguet ? Oui et non.
Saluons d'abord le travail et la créativité de nombreuses start-up qui ont redoublé d'efforts pour développer leurs innovations et permettre ainsi l'adoption de technologies adaptées (prothèses avancées, fauteuils roulants nouvelle génération, exosquelettes...). Ces innovations profitent, d'abord, aux athlètes mais aussi, in fine, à l'ensemble des personnes en situation de handicap moteur ou sensoriel en améliorant leur qualité de vie et leur autonomie.
Saluons, aussi, les moyens considérables d'une majorité d'entre elles pour diversifier leurs équipes et mettre en place des politiques concrètes d'inclusion. Malgré tout, la prise en compte du handicap dans l'entreprise est loin d'être satisfaisante. En France, toutes les entreprises qui emploient au minimum 20 salariés sont soumises à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH) dans une proportion d'au moins 6% de leur effectif. Les aides financières de l'État à l'embauche n'y font rien, trop d'entreprises ne jouent pas le jeu préférant payer des amendes plutôt que de remplir leurs obligations.
Selon l'Insee, 2,8 millions de personnes en âge de travailler ont soit, un handicap, soit une perte d'autonomie. Or, seules 630.000 d'entre elles occupent un emploi. La prise en compte du handicap dans le travail demeure donc, le défi numéro 1 des années post-paralympiques.
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Il y aura, sans aucun doute, un avant et un après Jeux olympiques et paralympiques en matière d'inclusion. Cet événement planétaire nous rappelle que la société est plus forte lorsqu'elle embrasse la diversité et qu'elle offre à chacun la possibilité de participer pleinement à la vie sociale, culturelle et économique de son pays. En cette rentrée, souhaitons que la flamme paralympique continue d'éclairer notre chemin vers l'égalité.
Sophie Iborra