ENTRETIEN – Devenues autrices, les deux ex-numéros 1 du tennis français, Alizé Cornet et Catherine Tanvier, échangent sur leur rapport à la littérature. Et leur cheminement vers ce milieu.Elles ne s'étaient croisées qu'une fois, il y a 15 ans, d'un simple bonjour traversant le grillage d'un court à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes). Mais quand Alizé Cornet, chaussures mouchetées de la terre battue de son entraînement, rejoint Catherine Tanvier, c'est comme si deux vieilles copines se retrouvaient. Ça cause du come-back surprise de la première, à 35 ans. De leurs attaches communes à Nice aussi, d'un coach du coin...
Bref, « va falloir que tu nous recadres », s'amuse en se tournant vers nous celle qui a fait ses adieux à Roland-Garros l'an passé. L'histoire qui les relie n'est pas simplement celle d'anciennes numéros 1 françaises, 11ᵉ et 20ᵉ mondiales à leur meilleur, respectivement en 2009 et 1984. C'est surtout que chacune s'est mise à en écrire. Catherine Tanvier, 59 ans, a sorti récemment son cinquième ouvrage (Un film à Rolle, En exergue éditions). Ce qui manque à l'amour, le troisième d'Alizé Cornet, 35 ans, est disponible en poche depuis ce mercredi 7 mai.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous êtes-vous déjà lues ?
CATHERINE TANVIER - Non, je suis désolée.
ALIZÉ CORNET - Moi, je crois me souvenir que... Ah non, j'ai lu le bouquin de [Isabelle] Demongeot. C'est nul, ce n'est pas le bon ! [Rires partagés.] Je savais qu'il s'agissait d'une ancienne joueuse, mais je ne savais plus laquelle.
C.T. Tu parles de Service volé [Michel Lafon, 2007], qui est sorti juste après mon premier livre [Déclassée : De Roland-Garros au RMI, Éditions du Panama]. C'est Isabelle elle-même qui me l'avait appris. Je ramassais alors tous les médias et j'espérais qu'elle ait sa part. Mais en fait, son sujet est si sensible [des années d'abus sexuels de son ancien entraîneur] qu'on en a beaucoup parlé. Et cette année encore, je publie mon nouveau livre et, le mois suivant, le sien ressort dans une version augmentée.