Répondant à des critères particuliers, l’obtention des cartons d’invitation en Grand Chelem revêt un fort enjeu. Wimbledon débute ce lundi 30 juin. Sans Loïs Boisson, éconduite.Aux yeux du public anglais, Arthur Fils avait donc quelque chose de plus attrayant que Loïs Boisson. Un constat brut eu égard à la wild-card accordée au Francilien pour l'édition 2023 de Wimbledon mais refusée cette fois à la toute fraîche demi-finaliste de Roland-Garros, qui devait justement sa chevauchée à un laissez-passer. Les situations étaient pourtant analogues : deux jeunes joueurs trop courts au moment du cut pour le tableau principal mais qui prennent leur envol juste après - Fils avait été titré à Lyon - pour se hisser aux 62e et 65e places mondiales.
Sauf que la dialectique de la wild-card s'inscrit dans un champ d'interactions, mouvant et non dénué de subjectivité. À la veille du rendez-vous londonien, on peut soutenir que Boisson ne méritait pas de figurer d'office parmi les 128 joueuses au départ - elle a perdu d'entrée en qualifications - mais aussi qu'elle aurait été plus compétitive avec une semaine de rab d'apprentissage sur gazon.
Chèque rondelet
Cette inexpérience a été un facteur essentiel dans la décision des organisateurs, réputés ouverts aux autres drapeaux : quatre des huit cartons ont été distribués à des joueuses étrangères en 2024 (Osaka, Kerber, Wozniacki, Tomljanovic), un cette année (Kvitova). Soit une cohorte se prévalant de titres en Majeur, ou au minimum d'un quart sur place. Or, c'est officiellement « sur la base des performances passées à Wimbledon ou pour susciter l'intérêt des Britanniques » que les invitations sont attribuées.
Loïs Boisson a également joué de malchance. Géré par un club privé, le All England Lawn Tennis Club, Wimbledon est le seul Grand Chelem rétif aux accords de réciprocité. Ce qui signifie que la Dijonnaise ne pouvait être pistonnée par la Fédération française (FFT) alors que c'est le cas pour l'Open d'Australie et l'US Open, où elle a la main sur deux wild-cards (une par tableau de simple). Avec un renvoi d'ascenseur quand se profile Roland-Garros. Une forme de multilatéralisme étriqué, fondu dans un décor où le favoritisme national est une ligne directrice entendue.