Exploitations minières, enjeu de sécurité… Face à la montée en puissance de la Russie et de la Chine dans l’Arctique, les États-Unis multiplient les pressions diplomatiques au Groenland.Longtemps relégué aux marges de la géopolitique mondiale, le Groenland est redevenu l’un des territoires les plus convoités de la planète. Entre rivalités militaires, ressources stratégiques et affrontement entre grandes puissances, cette immense île arctique cristallise les ambitions de Washington, au risque d’accroître les tensions avec l’Europe. « Il est temps que les États-Unis imposent à nouveau leur marque Groenland ». Le 20 mai dernier, l’émissaire de Donald Trump, Jeff Landry, s’est rendu sur l’île sans invitation officielle, réaffirmant les ambitions américaines sur ce territoire autonome du Royaume du Danemark.
Depuis 2019, le président américain multiplie les déclarations en faveur de son rachat au nom de la sécurité nationale. En mars 2025, il affirmait même devant le Congrès : « Nous aurons le Groenland. D’une manière ou d’une autre ».
Derrière cette rhétorique se cachent des considérations stratégiques bien réelles. Situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique, le Groenland occupe une position centrale dans la défense du continent nord-américain. Son flanc oriental fait face à une Russie qui renforce sa présence militaire dans le Grand Nord.
« On revient au discours de la guerre froide où le chemin le plus court pour tirer des missiles nucléaires passe par l’Arctique », explique Florian Vidal, chercheur spécialiste de l’Arctique et du Grand Nord. Le réchauffement climatique renforce encore cet enjeu. La fonte de la banquise ouvre progressivement de nouvelles routes maritimes et réduit la protection naturelle qu’offrait la glace. « Le front septentrional des États-Unis se dénude alors que cette glace permet d’éviter les activités de sous-marins et de navigation », souligne le chercheur.