« Nous ne prévoyons pas de hausse générale de nos prix en 2011 »

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Agréé comme agence de notation européenne en novembre, le premier assureur crédit s'explique sur ses projets.

Euler Hermes va-t-il devenir une agence de notation à part entière ?

Nous n'avons pas l'intention de devenir une agence de notation concurrente de S&P, Moody's ou Fitch. Mais nous avons effectivement en Allemagne une filiale qui vend des notations à de petites et moyennes entreprises pour laquelle nous avons obtenu le passeport européen. Cela reste une activité modeste qui ne concerne que 11 salariés et ne représente que 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires sur les 700 millions que nous réalisons en Allemagne.

Pourquoi avoir demandé cet agrément européen alors ?

Nous voyons cette société comme un laboratoire qui n'exerce qu'en Allemagne sur un périmètre restreint. Ce n'est pas pour l'instant un axe stratégique mais il faut avoir plusieurs fers au feu. La notation financière fait partie du débat public et nous voulons pouvoir réagir vite aux évolutions réglementaires.

La notation n'est-elle pas déjà votre métier ?

Nous avons les compétences et les structures pour émettre des notations d'entreprises. Mais nous sommes une société d'assurance et non une société d'information. Aujourd'hui les notes que nous donnons sont garanties sur nos fonds propres. Elles nous servent à souscrire des risques. De plus, nous ne faisons pas payer les entreprises que nous notons, contrairement à une agence classique. Dans notre système, c'est la société que nous assurons qui paie pour utiliser les notes que nous attribuons à ses clients. Bref, nous ne voyons pas l'intérêt de mettre cette information à disposition des tiers. Nous risquerions d'être en conflit d'intérêts permanents entre notre métier de notation et celui d'assureur crédit.

Quel bilan dressez-vous de votre activité d'assureur crédit en 2010 ?

Nous sommes très satisfaits de notre taux de fidélisation des clients qui atteint 95 % malgré les hausses de tarifs que nous avons commencé à pratiquer très tôt, dès fin 2008, et surtout en 2009. Depuis le mois d'avril, nous avons augmenté nos prises de risques. Si bien qu'en novembre notre taux d'acceptation des nouvelles demandes de garanties était équivalent à celui d'avant la crise.

Continuez-vous à augmenter

les tarifs ?

Nous estimons que nos contrats sont actuellement tarifés à un niveau qui reflète le coût du risque. Globalement, les taux de primes qui avaient beaucoup baissé avant la crise, sont désormais revenus au niveau de 2004. En 2011, nous ne prévoyons pas de hausse générale de nos prix et visons un maintien des tarifs actuels. Mais il y a déjà une pression à la baisse sur certains renouvellements de contrats, car quelques concurrents manifestent un grand appétit pour reprendre des affaires.

Avez-vous des projets dans

les marchés émergents ?

Nous voulons nous développer de façon plus agressive en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine, mais aussi sur la côte Ouest des États-Unis. Bon nombre de nos assurés font du commerce ou ont des structures de production dans les zones émergentes. Nous suivons donc nos clients.

En Asie, quels sont vos objectifs?

Notre chiffre d'affaires dans toute l'Asie est de 60 millions d'euros ; par rapport aux 2 milliards du groupe, c'est peu. Notre objectif est de multiplier le chiffre d'affaires par 5 sur ce continent d'ici à 7 sept ans. Nous sommes sur des perspectives de long terme mais nous devons accélérer maintenant.

Vous citez l'ouest des États-Unis, est-ce un relais de croissance pour Euler Hermes ?

Notre portefeuille américain est concentré sur la côte Est et la région des grands lacs. Notre présence en Californie est très modeste, or son PIB est équivalent à celui de l'Italie. De plus, l'économie californienne est très tournée vers l'Asie. Nous avons donc décidé en 2010 d'augmenter nos structures en Californie et de recruter des analystes de risques. Nous ciblons trois secteurs prioritairement : l'électronique, l'agroalimentaire et la chimie. Nous misons sur 50 à 70 millions de dollars de primes d'ici cinq ans. Propos recueillis par Séverine Sollier et Benjamin Jullien. ?Lire la version longue de l'entretien sur latribune.fr.

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