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Course d'obstacles pour sauver la Grèce et la zone euro

Franck-Paul Weber

Publié le 31 août 2011 à 07:07 - Mis à jour le 31 août 2011 à 07:09

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Ce mercredi, le gouvernement d'Angela Merkel doit avaliser le dispositif de l'accord du 21 juillet pour la stabilisation de la zone euro, notamment un deuxième plan de sauvetage d'Athènes. Mais son adoption par les parlements allemand slovaque et finlandais est incertaine. Helsinki exige des garanties de la part d'Athènes. Et la participation des créanciers privés est encore à définir...

Les dix-sept chefs d'État ou de gouvernement de la zone euro étaient partis en vacance le 22 juillet en assurant avoir « stabilisé la zone euro ». Las, la batterie de mesures prises à Bruxelles la veille est en péril. Les susceptibilités nationales notamment sont sur le point de torpiller le nouveau programme d'aide à la Grèce d'un montant de 109 milliards d'euros et toute l'architecture d'aide aux pays en difficulté.

Les contreparties à l'aide

Le premier écueil est l'exigence par la Finlande d'obtenir une « garantie » (collatérale) de l'État grec pour toute nouvelle aide à Athènes. Un temps, Helsinki évoqua un gage à prendre sur des immeubles grecs. Puis à la mi-août la ministre finlandaise des Finances, Jutta Urpilainen, a annoncé avoir conclu un accord bilatéral avec son homologue grec pour que ce dernier lui reverse sur un compte à part l'aide financière qu'il obtiendrait d'Helsinki...

De quoi annuler purement et simplement le soutien dont Athènes a urgemment besoin pour boucler ses fins de mois. Plusieurs autres pays de la zone euro, l'Autriche, la Slovaquie, les Pays-Bas, se sont en effet engouffrés dans la brèche, réclamant d'être traités comme leurs homologues finlandais. L'alternative est soit des garanties pour tous, soit pas d'accord pour la mise en oeuvre des mesures du 21 juillet...

Des négociations sont en cours pour « trouver une solution (...) qui va satisfaire tous les États membres de la zone euro » a déclaré, confiant, le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker lundi soir. L'idée fait en tout cas tache d'huile et pas seulement chez de « petits » bailleurs de fonds du mécanisme d'aide : la ministre allemande des Affaires Sociales, Ursula von der Leyen, propose, au grand dam de la chancelière Merkel, d'envisager des garanties via les réserves d'or des États percevant une aide de leurs partenaires...

Le rôle des parlements nationaux

Cette revendication de contrepartie pour tout nouvel effort financier envers un État dispendieux comme la Grèce est en fait formulée par les gouvernements pour justement amadouer leurs parlementaires et les inciter à donner leur aval aux mesures du 21 juillet dernier. Or rien n'est moins sûr dans plusieurs États-membres. Et quand bien même un feu vert serait arraché, cela ne le sera qu'à la dernière minute. En Slovaquie, le partenaire de la coalition du Premier Ministre Iveta Radicova, le parti SaS (Liberté et solidarité) se montre peu solidaire d'Athènes. Son chef tient les propositions de l'UE pour un retour « au socialisme » et la création « d'une union de la dette ». Il n'entend pas avaliser un élargissement de la mission du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ni même sa recapitalisation. En Finlande, sans l'assurance de garanties pour toute nouvelle aide, la ratification de l'accord du 21 juillet semble en péril au Parlement. Enfin, et surtout, le Bundestag tranchera le 29 septembre s'il accepte les attendus négociés par la chancelière Merkel. Le point central sera justement le rôle que le Parlement allemand obtiendra pour le déblocage de toute nouvelle aide. Dès le 7 septembre, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe indiquera déjà à quelles conditions la chancelière Merkel peut faire peu de cas du Bundestag pour aider un pays partenaire de la zone euro. Très soucieux dans ses précédents arrêts sur les questions européennes de ne pas diminuer les prérogatives du Parlement, Karlsruhe pourrait assujettir toute décision concernant les plans d'aide et le FESF d'un vote au Bundestag. Pour les pays bénéficiaires, à l'instar de la Grèce, cela n'augure rien de bon car une fraction croissante de la majorité d'Angela Merkel est très réticente à payer pour les États membres en difficulté. Au point que ces jours-ci le poste même de la chancelière semble en jeu sur ce dossier.

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La participation des banques et assureurs prives

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Athènes souhaitait initialement que l'opération d'échange de dettes de ses créanciers privés pour un montant de quelques 135 milliards d'euros commence dès août. Or cet échange « volontaire » scellant la participation des banques, assureurs et autres gestionnaires d'actifs privés au plan d'aide à Athènes peine à se matérialiser. On évoque désormais un échange pour fin octobre. Or, comme le notent les analystes de Barclays, « si cette participation du secteur privé ne concerne pas 90 % des créanciers comme stipulé dans la proposition, l'échange de titres n'aura pas lieu et la probabilité que l'entier plan de sauvetage pour la Grèce s'écroule, la Grèce faisant défaut, augmenterait considérablement ».

Le sauvetage de la Grèce et partant des mécanismes d'aide aux pays de la zone euro en difficulté (Irlande, Portugal) ne tient donc plus qu'à quelques fils.

Franck-Paul Weber

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