La future stratégie d'UBS mise à l'épreuve par la démission d'Oswald Grübel

Le patron de la banque suisse a donné sa démission samedi. Son successeur n'est pas partisan de scinder les activités de banques d'affaires et de réseau.

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Les événements se sont précipités samedi matin. Au troisième jour de la réunion du conseil d'administration d'UBS à Singapour, Oswald Grübel, le directeur de la première banque helvétique, a indiqué son intention de démissioner au président de la banque, Kaspar Villiger. «J'ai d'abord essayé de l'en dissuader. Nous avons eu ensuite des discussions intensives avec les autres administrateurs. Lorsque nous avons senti qu'il ne reviendrait plus sur sa décision, nous l'avons acceptée », a relaté samedi, lors d'une conférence de presse téléphonique, le président d'UBS. L'occasion pour lui de souligner que les investigations en cours sur la perte de 2,3 milliards de dollars occasionnée par le trader à Londres n'a pas de lien direct avec la démission d'Oswald Grübel. Les résultats de l'enquête interne devraient, eux, être connus d'ici 10 à 14 jours. Les pressions du fonds singapourien GIC, qui détient plus de 6 % du capital d'UBS, ont-il précipité la chute de l'Allemand âgé de 67 ans ? Kaspar Villiger a démenti cette hypothèse, jugeant que les critiques d'une rare sévérité adressées par le fonds singapourien à UBS étaient aussi motivées par des raisons de politique interne. Au-delà de la question de la responsabilité du scandale qui a éclaté à Londres le 15 septembre, les discussions autour de l'avenir de la banque d'affaires d'UBS ont aussi joué un rôle central dans la décision prise par Oswald Grübel. Selon Peter Thorne, analyste bancaire chez Helvea, UBS doit « modifier ses aspirations pour la banque d'investissement et réduire sa taille ». « Oswald Grübel constituait une forme d'obstacle à cette évolution en pensant que l'on reviendrait aux bons vieux jours et qu'UBS pourrait devenir une banque d'affaires puissante », poursuit l'analyste.

« Profitabilité »

Pour autant, la démission du patron d'UBS, qui avait misé sur un redéploiement de la banque d'affaires dès 2009, ne semble pas préfigurer une remise en question radicale des activités de banque d'affaires qui a subi des pertes de 57 milliards en trois ans. De son côté, Sergio Ermotti, remplaçant par interim avec effet immédiat, n'a pas annoncé dimanche de virage à 180 degrés. UBS ne va « certainement pas abandonner les activités liées au marché obligataire », a-t-il soutenu. « On ne peut pas dire que l'on va prendre moins de risques et espérer atteindre la même profitabilité. »

Pour rappel, environ 45 % des 3.500 postes que la banque compte supprimer proviennent de la banque d'affaires, une unité qui employait à fin juin près de 17.800 collaborateurs sur 65.700 au total.

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