BNP Paribas dans le viseur des agences de notation

S&P, qui a abaissé la note de la première banque française, a maintenu celles de quatre autres établissements. De son coté, Fitch menace de réduire les notes de sept banques.

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Serait-ce la fin de l'invulnérabilité de BNP Paribas ? La banque française, qui avait échappé mi-septembre à une dégradation de sa note par Moody's, vient d'être rattrapée. Vendredi dans un communiqué, Standard and Poor's a annoncé avoir abaissé la note à long terme de BNP Paribas de « AA » à « AA - » avec perspective stable.

Bien que S&P ait confirmé les notes de BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel et Société Générale, elle prévient que « les perturbations sur le marché du refinancement et le sentiment défavorable de marché ont révélé que les profils de financement et de liquidités des cinq banques sont plus vulnérables que nous le pensions ». Dans ce contexte, l'agence dit s'attendre à une baisse des résultats financiers des banques et à un renchérissement du coût du financement. L'agence évoque également des « prévisions économiques plus faibles pour l'Europe, y compris les pays périphériques auxquels certaines banques françaises sont exposées de manière importante ». En particulier BNP Paribas, pénalisée par son exposition substantielle au risque souverain italien. Pour autant, la banque ne se laisse pas abattre et rappelle que « compte tenu de l'ensemble des décisions prises cette semaine pour le secteur bancaire mondial BNP Paribas reste l'une des banques les mieux notées », forte de revenus récurrents, au profil diversifié, et sans poche de risques majeurs.

Recapitalisation incertaine

Cette dégradation de BNP Paribas par S&P intervient après que Fitch a placé, jeudi, sous surveillance négative la note de la banque, dans le cadre de son évaluation périodique des établissements européens. Car, en effet, les banques européennes et américaines sont dans la ligne de mire de cette agence. UBS, Landesbank Berlin et Berlin-Hannoversche Hypothekenbank, Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group ont vu leur note de solvabilité abaissée d'un cran. Au motif qu'une recapitalisation par leurs gouvernements respectifs semble tout sauf certaine. Sept banques ont été placées sous surveillance négative. En Europe, on retrouve BNP Paribas évidemment, Société Généralecute; Générale et Deutsche Bank. Mais il y a aussi Barclays Credit Suisse, Goldman Sachs et Morgan Stanley.

Ce que Fitch reproche à ces banques ? Rien de moins que leurs modèles économiques, « particulièrement sensibles aux difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les marchés financiers ». Goldman Sachs et Morgan Stanley risquent de subir de plein fouet la crise boursière. « Le business du trading débouche sur des résultats plus volatils que dans la banque commerciale, et implique une forte dépendance à l'égard des financements à court terme », s'inquiète Fitch. Mais l'agence ne se montre guère plus confiante envers le modèle de banque universelle, cher aux établissements européens. Un appel à un nouveau Glass Steagall Act, le retour à la séparation entre l'activité de banque de dépôt et celle de banque d'affaires ?

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