Bradé, UniCredit échoue pourtant à séduire la Bourse

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Lundi, lors du lancement de son augmentation de capital, le cours de la banque a de nouveau décroché de 13 % en séance.

Même à prix cassé, les investisseurs ne veulent pas d'UniCredit. Le cours de la première banque italienne s'est encore effondré de 13 % en séance, lundi, jour du lancement d'une augmentation de capital de 7,5 milliards d'euros, destinée à aider le groupe à afficher un ratio de fonds propres durs de 9 % au moins au 30 juin, comme l'exige l'Autorité bancaire européenne (EBA). Le titre avait déjà dévissé de 37 % depuis l'annonce, mardi 3 janvier, des modalités de cette levée de fonds, qui s'effectue au prix de 1,94 euro l'action, soit une énorme décote de 43 % (hors droits de souscription, DPS) par rapport au cours de clôture du 3 janvier. Surtout, les DPS, qui donnent aux actionnaires existants la possibilité de souscrire à l'augmentation de capital sans être dilués, ont fait l'objet de ventes massives, lundi. Ce qui signifie que nombre d'actionnaires de la banque n'ont nullement l'intention de participer à l'opération. C'est le cas de la fondation de la Banque de Sicile, qui possède 0,3 % du capital.

Autre preuve du caractère ardu de cette augmentation de capital, elle est garantie par pas moins de 27 banques, menées par Mediobanca et Bank of America Merrill Lynch, afin d'assurer sa réussite. Ce qui, au passage, risque de laisser ce consortium bancaire « collé » avec des actions UniCredit dont personne ne voudra.

Gigantesque perte

Les autres banques européennes, également contraintes par l'EBA à se recapitaliser pour éviter une contagion de la crise des dettes souveraines, éprouveront-elles pareille difficulté à lever des fonds ? Pas forcément. Certes, les investisseurs nourrissent une grande méfiance à l'égard du secteur bancaire européen, depuis l'aggravation de la crise de la dette dans la zone euro, cet été. Mais Unicredit rencontre également des problèmes bien spécifiques. D'abord, la banque avait accusé au troisième trimestre 2011 une gigantesque perte nette de 10,6 milliards d'euros, en raison de dépréciations d'actifs, son expansion à l'Est ayant fait d'elle la banque italienne la plus exposée à la crise de la zone euro. Ensuite, il s'agit de sa troisième augmentation de capital en trois ans. Certains actionnaires commencent donc à se lasser de remettre au pot. Enfin, à travers UniCredit, c'est l'Italie, avec son risque souverain très élevé et ses perspectives de récession, que les investisseurs rejettent. Autant de raisons qui ne valent pas pour d'autres banques européennes, notamment pour les allemandes Deutsche Bank et Commerzbank, dont la rumeur veut qu'elles fassent, elles aussi, appel au marché.

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