L'édito de La Tribune : Libérez La Poste

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction.

Ne rien céder sur le fond, mais sans déclencher une nouvelle guerre de religion. Nicolas Sarkozy s'est livré à cet exercice d'équilibre, hier, sur La Poste. Celle-ci abandonnera bien son statut d'établissement public pour adopter celui de société anonyme (voilà pour la réforme). Mais elle ne s'ouvrira qu'à des capitaux publics (voilà pour la main tendue à des défenseurs du service public très remontées). Un discours qu'il devrait réitérer aujourd'hui, en recevant partis politiques, organisations syndicales et associations de consommateurs à l'Elysée. Il n'est pas sûr que cela suffise à les rassurer. Et comment ne pas le comprendre, le passé enseigne qu'un changement de statut n'est qu'un préalable à des évolutions plus radicales.

Mais contrairement à la réforme de la TV publique, qu'aucune explication sensée n'est jamais venue justifiée, et à la querelle surréaliste sur le travail dominical, dont l'âpreté n'a d'égale que la minceur de l'enjeu, la réforme de La Poste est un impératif. On peut le regretter, mais le temps des diligences et des relais de poste ne reviendra pas.

Comme France Télécom, EDF et GDF avant elle, La Poste ne peut se permettre de rester à l'écart des grandes évolutions de l'économie européenne. Elle a besoin d'un statut qui lui permette de se financer _ sans être contrainte de tendre sa sébile à un Etat perpétuellement désargenté _ et de se mouvoir hors des frontières hexagonales. Le rôle de l'Etat n'est pas de construire un groupe dans le colis, ni de bâtir un compétiteur dans le courrier express aux DHL et autres UPS (qui marchent d'ailleurs très bien).

France Télécom, EDF et GDF, loin d'être les épouvantails agités par la gauche et les syndicats, sont là pour nous rappeler qu'un groupe privé peut à la fois assurer des missions de service public et s'imposer dans la compétition internationale. Que serait France Télécom sans la réussite d'Orange? Quel serait l'avenir d'EDF sans les acquisitions de British Energy, en Grande-Bretagne, ou de Constellation aux Etats-Unis? Le réduit gaulois n'est pas une politique. La Poste doit s'adapter. Faute de quoi, elle mourra.

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pas de faits : des affirmations. Non moins partisanes que les affirmations contraires, mais seulement l'idéologie dominante pour langages. Continuez ainsi et l'économie restera la fausse science qu'elle est, nonobstant les ava,cées mathématiques encore très loin de fournir un quelconque modèle humaniste.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ben si, le rôle de l'Etat peut être d'assurer les correspondances, rapides ou lentes, dans tout le pays, toute l'année, sans discrimination liée à la fortune ou à la localisation. Ce sont les rois de France, peu suspects de marxisme, qui ont créé La Poste. Et la poste américaine est toujours publique.
L'argument est un peu court de dire que si La Poste n'est pas transformée en SA (comme France Télécom il y à 12 ans, dont l'Etat n'a plus que 35 % du capital aujourd'hui) elle mourra. Les think tanks libéraux nous avaient habitué à plus de finesse pour masquer leurs véritables intérêts.
Cette vacuité de l'argumentation cache mal tout l'intérêt des marchés financiers à disposer du capital de La Poste pour pouvoir boursicoter un peu lorsque l'argent public aura éponger les pertes de la bulle financière.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Beaucoup d'affirmations et de clichés idéologiques dans cet article. Il n'y pas que la Poste, en ce moment, qui tende la sébile à l'Etat désargenté... La SA EDF est en train de dilapider son capital dans une aventure dans le nucléaire US. Est-ce vraiment une bonne chose ? Pour Warren Buffet, sans doute, mais pour les Français, on peut en douter.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
SA non, COOPERATIVE avec possibilité d'appel public à l'épargne OUI !

Inventons l'avenir et l'avenir du post capitalisme c'est la coopérative .
Ne riez pas , ! Si la fiscalité en France choisissait de favoriser les coopératives plutôt que les sociétés de capitaux, on pourrait voir se développer ce modèle rapidement.
Ce n'est pas forcément idéal , mais avec la crise, la SA montre ses limites aujourd'hui

un statut de coopérative cumule beaucoup d'avantages:
1) il réconcilie les salariés avec leurs entreprises
2) il résoud le problème stakeholders/shareholders
3) il évite la prise de contrôle par des groupes étrangers.
4) il évite la mainmise de l'Etat etc.

et il existe déjà des banques coopératives très rentables !
4) etc.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est bien, à la Tribune ils n'ont pas entendu parler des trous de PostBank, obligée d'être recapitalisée par son actionnaire principal, Deutsche Post, après les spéculations d'usage dans le système bancaire. Pas entendu parler non plus de la quasi faillite de DHL aux Usa, propriété de Deutsche Post...
Manifestement, il y a encore du pognon à ramasser en France dans les services publics...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Discours de la pensée unique, sans argumentation, incroyable en ces temps, où les plus grandes entreprises sont dans la panade et viennent taper à la porte des états.
Belle thèorie que de vouloir Continuer à privatiser les profits et nationaliser les pertes. Faut tout changer camarade éditorialiste et c'est possible, ne laissons pas à la rue le soin de nous le rappeler par la violence, gouverner c'est aussi prévenir
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
tous les détracteurs n'ont eu de cesse de s'attaquer aux services publiques. les m^mes on les entend quand il y a une panne d'électricité, la neige, le verglas, à l'hopital , au guchet de la poste ou de france telecom, à la sécurité sociale..que cela ne va pas, que les personnels ne font rien et j'en passe. Mais on ne peut pas casser sans dégats. Et les dégats ne sont pas individuelles mais collectifs et dans ce cas doivent être défendus collectivement. Or Depuis quelques décennies et dans un mouvement qui ne cesse de s?accélérer, l?ensemble des entreprises et services publics sont l?objet de transformations profondes.

Toutes ces transformations reposent sur la même logique, sur la recherche de la même finalité : transférer des activités de la sphère publique à la sphère marchande, livrer au pôle marchand des secteurs d?activités, qui jusqu?alors lui échappaient.Ces transformations des entreprises et services publics trouvent leurs racines dans l?évolution du capitalisme qui est à la recherche permanente de nouveaux marchés et de nouvelles sources de rentabilité.On voit ou cela nous mène actuellement.Loin d?être le service public, qui se définit par une activité placée en dehors de la sphère marchande, donc sous monopole public, et au service de la nation sur des populations, donc fonctionnant sur des bases d?égalité d?accès, de péréquation et de continuité, le SIEG est un ensemble d?obligations de portée sociale, mais nécessaire à la cohésion de la société, à la régulation sociale, voire économique, de la société, que l?initiative privée se refuse d?investir, d?assurer, car ne répondant pas à ses critères de profitabilité, mais que la collectivité publique, en application des principes de subsidiarité et de proportionnalité, à le devoir de mettre en ?uvre, sous la forme éventuellement d?une délégation à un opérateur privé.Ce qui s?impose, c?est le maintien du service public postal, son unicité sous monopole public, l?arrêt de la casse du statut et droits et garanties du personnel.


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