Les HLM, sauveurs de la patrie

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Comme disait le bon La Fontaine, on a souvent besoin d'un plus petit que soi. Nicolas Sarkozy, au début de son mandat, avait à l'égard du logement social l'attitude hautaine du lion de la fable. Comme maire de Neuilly, il avait dédaigné de se conformer à la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains) qui oblige chaque commune de plus de 50.000 habitants à tendre vers 20% de logements sociaux.

A peine élu, il avait souhaité inciter le plus possible les habitants de HLM à acheter leur logement, reprenant à son compte l'idée thatchérienne qu'une nation de propriétaires fournirait pour longtemps des légions d'électeurs à son camp. En décembre 2007, l'Etat signait avec l'Union sociale pour l'habitat un accord prévoyant la vente de 40.000 logements par an à leurs occupants, dix fois plus que les chiffres constatés année après année. Un objectif trop ambitieux car, en 2008, les transactions de ce type ont atteint péniblement les 6.000 sur 4,4 millions de logements sociaux.

Mais entre-temps le ton a changé. La crise économique est passée par là. Le logement social, grâce à son financement assuré de longue date par des outils pérennes - le livret A, le 1% logement - est soudain devenu une locomotive et non plus un parent pauvre. Les professionnels du bâtiment, à court de projets privés, ont été ravis de se mettre au service des grandes opérations du logement social. Avec 120.000 logements neufs construits, 100.000 réhabilités et 40.000 mis aux nouvelles normes thermiques, le secteur connaît une année record.

C'est vrai aussi de son financement par la Caisse des dépôts. Pour sa part, le privé n'aura fait sortir de terre qu'environ 70.000 logements cette année. Naguère regardé de haut, le logement social est devenu un sauveur : c'est pratiquement le seul secteur qui contribue puissamment à l'activité et à l'emploi. Quelqu'un aurait-il jamais cru qu'un lion d'un rat eût affaire ?

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Commentaires
a écrit le 28/01/2010 à 4:36 :
Ce n?est pas vrai ! C'est formidable ils vont ressusciter l?Abbé Pierre....
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les loups fréquentant les loups plutôt que les moutons, c'était une stupidité de penser qu'on pouvait les mettre dans la même étable grace à un loi imbécile plus esthétique que réaliste! Le logement "social" contribue-t'il vraiment à l'intérêt "national"? Hors l'emploi, bien sûr!

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