Les ailes asiatiques d'Air France

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Dans son coude-à-coude avec Lufthansa et British Airways pour la domination du ciel européen, Air France-KLM pourrait marquer un point. Le premier depuis la crise, qui a vu son grand concurrent allemand multiplier les acquisitions (Swiss Airlines, Austrian Airlines, BMI Airlines, Brussels Airlines...), et le géant britannique tenter un pas de deux avec Iberia. La compagnie franco-néerlandaise discute, en effet, d'une alliance majeure avec Japan Airlines. Cette alliance conduirait les deux partenaires à créer une véritable coentreprise sur la ligne Paris-Tokyo, avec partage des coûts, des recettes et des plans de vol coordonnés (prix, horaires, pratiques commerciales). Elle consoliderait leur domination sur l'une des lignes long-courriers les plus fréquentées et, avant la crise, les plus rentables. Ce qui est loin d'être négligeable pour des sociétés traversant des zones de fortes turbulences. Air France-KLM est en pertes, Japan Airlines restructure ses activités après un dépôt de bilan. L'alliance donnerait aussi au groupe franco-néerlandais un point d'appui dans la course qui oppose les trois grandes compagnies européennes pour la desserte de l'Asie orientale (Japon, Chine, Asie du Sud-Est). Une course où, jusqu'ici, Lufthansa avait remporté la mise avec ses multiples partenaires, d'Air China à Singapore Airlines, quand Air France-KLM ne pouvait compter que sur ses accords avec Korean Air et la grande compagnie de Canton, China Southern. Un rééquilibrage en Asie aiderait la compagnie française à affronter l'offensive de sa rivale allemande sur un autre continent, l'Afrique, dont la société dirigée par Pierre-Henri Gourgeon avait fait sa chasse gardée depuis les faillites d'Air Afrique, Sabena et Swissair. Il aurait un petit air de revanche...

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