Crédit conso : soupe à la grimace

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(Crédits : Albert CAEN)
Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Enrayer la spirale du surendettement ! Politiquement, le projet fait consensus. Economiquement, ses conséquences sont lourdes et tombent au plus mauvais moment. Le projet de loi réformant le crédit à la consommation, examiné depuis mercredi par les députés, a des ambitions légitimes.

En France, 750.000 personnes ne peuvent plus rembourser les prêts qu'elles ont souscrits. Et le nombre de nouveaux dossiers, loin de décroître, augmente chaque année : il y en avait 70.000 par an pendant les années 1990, 200.000 l'an dernier. La première raison est sociale : envol du chômage, multiplication des divorces et des familles mono-parentales. La seconde tient aux dérives d'une forme de crédit, identifiée, le crédit revolving (renouvelable), que l'on trouve dans près de 90 % des cas de surendettement.

Limiter les dégâts passe nécessairement par sa remise à plat. Ces crédits, dont on ne remboursait que les intérêts, devront à l'avenir être soldés dans un délai de trois à cinq ans. Pour les établissements spécialisés, qui avaient fait du "revolving" le moteur de leur croissance et de leur profitabilité (les taux d'intérêt atteignaient souvent les 20%), le coup est rude.

Il leur faut changer de modèle dans un marché très déprimé. Leur activité a chuté de plus de 13% l'an dernier : la proportion des ménages titulaires d'un crédit à la consommation est revenue en 2009, à ce qu'elle était en 1997. Et, même partielle, la substitution du crédit amortissable au "revolving" sera inévitablement douloureuse pour la rentabilité des établissements. Au point qu'on prévoit déjà la disparition des plus petites maisons et que les manoeuvres ont commencé dans les plus grandes.

Le rapprochement de Sofinco et de Finaref, deux filiales du Crédit Agricole, en est une illustration. Toutefois, les professionnels auraient tort de se plaindre. Le projet de loi Lagarde leur pendait au nez. Pas plus que leurs clients, ils n'ont été capables de s'autodiscipliner.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2010 à 14:10 :
Bravo Madame Lagarde ,faite fonctionner cette loi qui arretera ces abus avec ces maisons de credit a 20/0
a écrit le 30/03/2010 à 14:08 :
Bonjour
Moi meme je suis en preretraite AEr ,j'ai 900 euros par mois et 300 euros de credit a la consomation.
J'ai 58 ans et je paie depuis 4 ans mes credit en plus avec mon loyer et toutes mes charges il me reste 20 euros par semaine pour me nourrir.
Dans 1an et demi j'aurai ma retraite de 600 euros.
QUe vais je devenir?????
Arretons tous ces credits qui nous bouffent le moral et la santé a 20/0
MERci
a écrit le 29/03/2010 à 6:14 :
info
a écrit le 27/03/2010 à 5:45 :
Plusieurs sociétés de crédit facturent 30 % l'an environ (20 % d'intérêt et 10 % d'assurance prétendue facultative, non prise en compte dans le calcul du taux de l'usure)
Elles contournent donc la loi, commettent un abus de droit et ruinent des familles souvent déjà dans la précarité. SCANDALEUX !

Les pouvoirs publics ferment les yeux pour ne pas freiner le crédit et donc la consommation. Scandaleux !

Jeannot
a écrit le 26/03/2010 à 9:43 :
Le crédit conso est en train d'être réformé par le gouvernement.

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