Salut au de Gaulle de la pharma

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Par Olivier Provost, rédacteur en chef du service Web de La Tribune.

Il en a la stature, la fibre tricolore, le verbe haut et la colère rare, mais réputée. L'homme qui a fait Sanofi-Aventis, son PDG devenu président, Jean-François Dehecq a quelque chose d'un de Gaulle de la pharmacie. Et si son départ est plus glorieux que celui du général en 1969 après le référendum perdu sur la réforme du Sénat, il comporte tout de même quelques notes d'amertume. Pour sa succession, initialement mal négociée - confiée à son dauphin Gérard Le Fur, brillant chercheur mais pas manager, peut-être pour tenter de garder les commandes...

Pour corriger cette erreur, il aura fallu aller chercher à l'étranger le talent qui manquait, celui d'un germano-canadien, Chris Viehbacher. Un comble pour un groupe qui a toujours brandi bien haut l'étendard tricolore, même lorsqu'il a fallu se "marier" avec le franco-allemand Aventis, finalement absorbé sans coup férir, comme des dizaines de sociétés avant lui.

L'ogre Sanofi a en effet jalonné son histoire de rachats pendant les trente-sept ans de règne de son patron cofondateur. Autre note amère dans ce parcours spectaculaire, la question latente de la stratégie du groupe, confronté à la concurrence incessante des fabricants de médicaments génériques, aux doutes sur l'efficacité de certains nouveaux traitements, au rôle croissant des biotechnologies, aux risques financiers et scientifiques exponentiels du business des labos.

Que va devenir Sanofi ? Ce ne sera pas Jean-François Dehecq qui répondra à cette interrogation. Lui a mené pendant plus d'un tiers de siècle - et avec quel succès ! - la bataille du développement. L'heure est maintenant au pragmatisme, à l'opportunisme, et peut-être moins au charisme.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2010 à 12:33 :
Parmi les bâtisseurs de cet empire français et parce_que j'ai rencontré, il y a peu encore, malgré ma retraite "forcée", ce trés grand Patron d'industrie qui mettait le coeur, ses valeurs humaines avant toutes autres considérations mercantiles je salue respectueusement, amicalement, affectueusement Jean-François Dehecq qui quitte la barre mais surveillera, j'en suis certain, le cap ... Je le remercie de tout ce qu'il a apporté à toute les femmes et les hommes de cette maison ... Je le félicite même si son grand coeur et sa sensibilité ne lui ont pas permis de déceler, parfois, les faux des vrais qui l'ont trompé, d'avoir su aussi défendre et maintenir les petits pays, les petits produits, les petites gens ... Enfin je lui souhaite comme Président de la Fondation Sanofi Espoir de servir celle-ci entouré des plus précieux des anciens, comme il a toujours fait ... avec passion et générosité.
Merci Patron, Merci Président, Merci Jean-François et gardez cette force fragile.
a écrit le 20/05/2010 à 13:09 :
Suis en total accord avec le rappel historique au Général de Gaulle pour qualifier ce grand capitaine d'industrie qu'est JF Dehecq.
Une certaine idée de la France prospère, souveraine, emblématique de ce que les Lumières qui de Condorcet ou de Montesquieu lui ont laissée.
Un entrepreneur avant tout, soucieux de mêler l'industriel avec le post-industriel, désireux de construire méthodiquement un outil de production exemplaire sur notre territoire (les coûts de main d'oeuvre sont une donnée très relative en pharmacie), d'hybrider des acquisitions et des réalisations sur les 5 continents tout en ayant la matière active des principaux médicaments du groupe manufacturée en France, levier de commande, source de profit pour Bercy dont sanofi aventis est le premier contributeur.
Oui Mr Dehecq peut être fier d'avoir doté la France d'un champion national, d'avoir sauvé Sanofi des griffes de Pfizer ou Aventis de la rapacité de Novartis. L'homme a des qualités de manager, mais avant tout des qualités de coeur que nul ne saurait contester, alors bravo à lui et vive la fondation sanofi espoir qui'l va désormais piloter au service des plus vulnérables.
a écrit le 20/05/2010 à 7:22 :
Salarié de Sanofi pendant 38 ans, un pionnier comme disait Mr DEHECQ, j'ai pu apprécier au fil des ans ses qualités de très grand manager.Je n'oublierai pas dans mes propos notre premier PDG, Mr SAUTIER.En fait, la chance de Sanofi a été d'avoir à sa tête 2 hommes exceptionnels MRS René SAUTIER et Jean-François DEHECQ.
Je souhaite à leurs successeurs de faire aussi bien.
a écrit le 19/05/2010 à 7:19 :
le de Gaulle de la pharmacie, voilà bien l'éloge qu'il faut faire à cet homme qui à mener d'une main de fer , mais de maitre cette entreprise, visionnaire sur le long terme il est de ces bâtisseurs qui créent pour durer et pour transmettre, chose que n'a pas su faire Fourtou quand il pris les rênes de Rhône - Poulenc en son temps, un fiasco total et un démembrement méthodique de ce que ces prédécesseurs avaient construit, rappelons nous que c'était quand même le premier chimiste européen et le quatrième mondial, mais depuis M.Fourtou coule des jours heureux, ainsi que son bras droit de l'époque, Meheut, celui qui est devenu le patron de canal plus, M.Dehecq peut partir tranquille il a fait son travail au delà de ce qu'il est convenu d'appeler la réussite, il a même sauvé Aventis, Merci Monsieur Dehecq j'espère que la France vous sera reconnaissante si vous n'avez pas déjà la Légion d'Honneur.

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