La France, sans atout ou tout atout  ?

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Il y a quelque chose qu'on ne nous dit pas, ou que nous ne captons pas. Voyons, nous sommes bien un pays en déclin, désindustrialisé, bureaucratique, criblé de dettes et bourré de calmants, accablé d'impôts mais chroniquement désargenté, en proie à la gabegie, aux corporatismes, aux grèves, aux je-m'en-foutismes... j'en oublie sans doute. Comment expliquer alors que les investissements internationaux fassent de la France leur troisième destination préférée au monde, et la première en Europe ?

L'an dernier, au plus fort de la crise, quand les capitaux investis baissaient de 93% en Grande-Bretagne, de 41% en Allemagne et de 39% à l'échelon mondial, le recul n'a été que de 35% en France. Non seulement, nous restons dans le peloton de tête pour l'attractivité internationale, mais nous gagnons des parts de marché dans la tempête.

Les investisseurs ne sont pas des touristes de passage : quand ils viennent en France, y construisent des laboratoires ou des usines, y développent des forces de vente, ce n'est pas pour la beauté des paysages ou l'excellence des vins, c'est parce que chaque euro dépensé y rapporte plus qu'il ne le ferait ailleurs. Dans les enquêtes d'Ernst & Young, les entreprises critiquent la fiscalité (trop élevée) et la productivité du travail (trop basse) comme des travers français.

À choisir, toutefois, c'est ici qu'elles s'installent, parce que le marché est vaste, les infrastructures fiables, les chercheurs performants. Le journaliste Ted Stanger, un Américain de Paris, vient de publier "Sacrées vacances ! Une obsession française". Il se moque d'un pays où chacun ne pense qu'à ses congés, vacances ou RTT.  Avec 37 jours par an, les Français en sont les recordmen du monde.

Mais l'auteur explique avec humour que s'il étrille ainsi notre manie vacancière, c'est parce qu'elle constitue une vraie menace pour le modèle anglo-saxon ! Si nous nous en tirons bien en travaillant moins longtemps chaque année et au cours de notre vie, alors à quoi cela sert-il de trimer comme le font Britanniques et Américains ?

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