Arcelor et Pechiney, le retour ?

Par Odile Esposito, rédactrice en chef à La Tribune.

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Beaucoup a été écrit sur l'abandon à des groupes étrangers de Pechiney puis d'Arcelor, les deux champions français de l'industrie lourde. Drame majeur pour certains. Traumatisme fort, en tout cas, qui a fortement inspiré le retour en grâce que connaît aujourd'hui la notion de politique industrielle. C'est donc avec espoir qu'on observe le petit retour de balancier aujourd'hui à l'oeuvre chez ces anciens fleurons.

Dans les deux cas, le prédateur a eu les yeux plus gros que le ventre. Mittal, le sidérurgiste indien qui s'est offert Arcelor en 2006, a vu, depuis, ses profits handicapés par sa division Inox, trop petite et loin de son coeur de métier, alors qu'il cherche plutôt à se renforcer dans les mines. Quant à l'australien Rio Tinto, qui a englouti en 2007 le canadien Alcan repreneur quatre ans plus tôt de Pechiney, il ploie sous une dette gigantesque et doit céder des pans entiers d'activité.

Pour une partie de l'ex-Pechiney, le retour en France est clairement enclenché, sous la houlette du fonds américain Apollo et du FSI. L'activité produits usinés, avec ses 9.840 salariés, va redevenir une entreprise française. Elle changera de nom dans les prochaines semaines, promet Jean-Luc Allavena, l'associé d'Apollo, artisan de cette solution, qui vise une rapide entrée en Bourse et un doublement de taille dans cinq ans.

Chez ArcelorMittal, le projet est plus flou. Après avoir vainement cherché un acquéreur pour ses Inox, le groupe va les introduire en Bourse sous le nom d'Aperam. Ce morceau de feu Arcelor, avec 9.800 salariés là aussi, dont 3.000 en France, sera coté à Paris, Amsterdam et Luxembourg. Il aura vocation, comme tout "spin off", à gagner en indépendance et à grossir. On peut se prendre à rêver, alors que ce nouveau poids moyen européen retrouve les moyens d'orchestrer la nécessaire consolidation de ce secteur. 

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