Requiem pour la musique

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Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune.

Eh bien non ! La lente descente aux enfers du marché mondial de la musique ne semble pas avoir de fin. Il a fondu de 8% en 2010, un peu plus vite même qu'en 2009 où 7% de sa valeur s'était évaporée. Après la crise du CD survenue au tournant du millénaire avec la démocratisation de l'Internet et l'apparition du piratage en "peer to peer", les majors, trop sûres d'elles, avaient tardé à réagir. En dehors du feu de paille grotesque de la vente de sonneries pour mobiles, les stratégies numériques d'Universal, Sony, EMI, Warner ou BMG étaient limitées. Elles n'ont en tout cas pas rencontré de marché.

C'est Apple, avec son magasin en ligne iTunes, qui a innové et tiré à lui une partie croissante de la valeur de ces nouveaux modèles numériques. Depuis, les maisons de disques, comme on les appelait au temps du vinyle ou du CD, ont réagi avec énergie et intelligence. Mais trop tard. Téléchargement, écoute illimitée sur abonnement, ou gratuite financée par la publicité, tous les modèles de vente et de diffusion de la musique à l'ère numérique se développent. Mais aucun n'est en mesure de compenser l'inexorable démonétisation de ce secteur. Que va-t-il advenir du livre, du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo ?

Toutes ces industries de la création tiennent aujourd'hui un même discours rassurant du genre : "instruits par ce qui est arrivé à la première industrie prise dans la révolution numérique, nous ne ferons pas les mêmes erreurs." On ne demande qu'à les croire. Mais bon sang, que ce monde semble difficile à remuer ! Les réflexes de rentiers sont bien là et les conservatismes ne sont guère ébranlés par le requiem musical auquel ils assistent. Les industries culturelles ne sont pourtant pas condamnées à se dissoudre dans le Net. 

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