Oui, Paris attire les entreprises !

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DR (Crédits : Reuters)
Par Christian Sautter, adjoint au maire de Paris, président de Paris Développement.

A lire certains articles dans la presse ces derniers mois, on pourrait croire que la région capitale subit une telle hémorragie d'entreprises en raison du prix de l'immobilier de bureaux qu'elle est en passe de devenir une coquille vide. La réalité est différente. Avec 50 millions de mètres carrés pour l'Île-de-France, dont 16 millions à Paris, la région capitale est le leader incontesté de l'immobilier de bureaux en Europe, devant Londres, Berlin et Madrid. Et pour les coûts globaux d'implantation, notre compétitivité par rapport à Londres est sans appel.

Mais Paris ne s'endort pas sur ses lauriers. Pour répondre à la demande des entreprises en matière de locaux, Paris développe actuellement 10 % de son territoire en friche et y aura construit 2 millions de mètres carrés de bureaux supplémentaires d'ici à 2020. Où ? Citons les 660.000 m2 de bureaux aux normes internationales qui seront lancés, d'ici à 2014, sur Paris-Nord-Est, Paris-Rive gauche et Clichy-Batignolles. 60.000 m2 de bureaux seront commercialisés sur Clichy-Batignolles à partir de l'an prochain ; sur le secteur Austerlitz, plus de 200.000 m2 de bureaux vont sortir. Sur Paris-Nord-Est, les programmes économiques sont nombreux : par exemple, près de 30.000 m2 de bureaux sont programmés autour de la future gare du RER E dans le quartier Éole Évangile et d'ici deux ans, BNP Paribas pourra s'installer sur 40.000 m2 de bureaux aux normes internationales dans notre ZAC Claude-Bernard. Autre exemple, en plein coeur de Paris, dans le XIe arrondissement, le site de l'ancienne Poste Bréguet propose plus 20.000 m2 de bureaux BBC qui devraient être livrés fin 2013.

Bien évidemment, il y a des mouvements d'entreprises qui se déplacent au sein de la métropole. C'est cette dynamique de complémentarités territoriales qui est un atout de la métropole parisienne. Les "back-offices" des grandes activités financières tendent à s'installer en proche couronne, bien desservie par les transports en commun et où les loyers sont plus faibles que dans le quartier historique des affaires. Mais d'abord, notons que les bureaux construits en dehors du quartier historique des affaires sont souvent à des loyers fort compétitifs. Ensuite, le taux de vacance des bureaux est resté faible : à 5,3 %, il est le plus bas de l'Île-de-France et les transactions ont bondi du premier semestre 2009 au premier semestre 2010 de 70 % dans le Paris-Quartier central des affaires (QCA) et de 104 % pour Paris hors QCA. Enfin et surtout, il y a des mouvements en sens inverse, de sièges sociaux ou de centres de recherche qui se créent ou reviennent sur Paris intra-muros : Société Générale Asset Management, Scor, ou encore France Télévisions. Et Paris attire de nombreuses implantations étrangères : Sony Music par exemple, ou ICBC, première banque au monde d'origine chinoise, qui vient d'inaugurer ce mois-ci son implantation parisienne. De son côté, Google a annoncé cet automne un développement important de ses activités en France, mais aussi l'implantation d'un centre de recherche et développement et de son centre culturel européen à Paris.

 

Comme l'a dit Bertrand Delanoë lors d'une récente réunion de dirigeants d'entreprises étrangères : "Paris, c'est Rome plus la Californie". C'est-à-dire que Paris ? mondialement connue pour sa qualité de vie, son offre culturelle, son patrimoine ? est aussi de plus en plus réputée pour l'innovation et l'environnement porteur qu'elle offre aux entreprises. Et cet avantage concurrentiel commence à porter ses fruits. Car, en parallèle de la stratégie de développement de 10 % de son territoire, la capitale poursuit une stratégie économique tonique à plusieurs dimensions : nous jouons à fond la carte du développement durable avec un plan climat qui réduira de 25 % la consommation d'énergie entre 2004 et 2020 ; nous misons sur l'innovation avec un investissement total de 1 milliard d'euros en six ans et un soutien vibrant aux jeunes entreprises innovantes et aux pôles de compétitivité ; et nous nous préparons à accueillir 50 millions de touristes d'ici quinze ans (28 millions actuellement) en ajoutant 7.000 chambres d'hôtels aux 75.000 existantes.

De même que la population des Parisiens augmente, de 86.000 habitants entre 1999 et 2008, la population des entreprises progresse aussi de façon vigoureuse, aussi bien dans les secteurs de pointe que dans les services à la personne. Paris va de l'avant, avec confiance, en pointe de la Région et de notre pays.

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