Du bon usage d'une monnaie forte

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

L'euro à 1,50 dollar ? Ce n'est plus une hypothèse. Juste une question de temps. La perspective d'une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne, en juin, prend corps jour après jour. Depuis décembre, l'inflation dépasse dans la zone euro la ligne rouge de 2% - en glissement annuel - fixée par l'institution francfortoise. Fin mars, elle culminait même à 2,6%.

Les chiffres, publiés mercredi par l'Insee pour la France, vont dans le même sens. La hausse des prix atteint désormais 2% sur un an. En février, elle n'était encore que de 1,7%. Et tout indique que le pays est désormais gagné par l'inflation des produits alimentaires transformés. Le gouvernement s'en inquiète, qui multiplie les initiatives pour conforter le pouvoir d'achat. Un geste pour alléger l'envolée de l'essence, un strict encadrement des tarifs de gaz et d'électricité, un "panier des essentiels" dans la grande distribution...

Mais la vraie riposte s'élabore à Francfort, où la BCE fait remonter la monnaie unique face au billet vert pour protéger la zone de l'inflation importée. La conjonction d'un euro faible et d'un prix du baril de pétrole élevé (en dollar) n'a-t-elle pas conduit à un emballement des produits pétroliers ? Ils ont bondi de 4% le mois dernier et de 19,6% sur un an ! Bien sûr, briser cet engrenage peut être risqué : pratiqué trop brutalement, il pourrait stopper net la reprise. Mais il y a de la marge. La politique monétaire de la BCE reste fort accommodante. Même si elle procédait à deux nouveaux resserrements monétaires d'un quart de point cette année, les taux d'intérêt réels resteraient négatifs. Le ton de Jean-Claude Trichet est martial, la pratique tempérée.

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