Les LBO, des "barbares" aux sauterelles

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Les fonds d'investissement ont une mauvaise image. Et elle ne s'améliore pas. En 2005, les commentateurs s'alarmaient d'un risque de bulle, et dénonçaient l'émergence de mégafonds de plusieurs milliards d'euros. Ils les accusaient d'évincer les groupes industriels en faisant de la surenchère pour acquérir des entreprises en plaçant leurs excès de liquidités. Puis, ce fut au tour d'un ministre allemand de qualifier ces investisseurs financiers de "nuées de sauterelles dévastant tout sur leur passage". L'antienne fit florès, bien en deçà du Rhin. Enfin, ce fut aux syndicats, CGT en tête, de dénoncer "la logique financière des LBO" chez Arena, les collants Well, TDF ou encore Freescale, l'ex-Motorola...

La reprise a atténué la pression mais la méfiance n'est pas retombée depuis. Aujourd'hui, c'est au tour des patrons de se rebeller. C'est Pierre Bellanger, le fondateur narcissique de Skyrock, qui n'hésite pas à mobiliser l'antenne et les auditeurs de cette radio rap après avoir été débarqué de ses fonctions opérationnelles par Axa Private Equity. C'est Yves de Chaisemartin, PDG d'Altran, qui refuse de céder sa place à Philippe Salle, le successeur que le fonds Apax a désigné.

Les fonds d'investissement ont horreur de la lumière. Ils ont raison. Le moindre incident éclipse les services qu'ils rendent à l'économie - du financement des PME à la fluidité des transmissions d'entreprises, en passant par la consolidation des secteurs d'activité trop atomisés... Au premier accroc, l'hostilité latente, largement partagée, se ravive contre ces financiers "court-termistes" aux rémunérations démesurées. Ils ont un problème de légitimité. Pour la société, ils sont toujours ces "Barbares", le surnom donné aux fondateurs de KKR, le fonds d'investissement américain qui a accompagné la naissance du métier. 

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