« On peut craindre l'effet de Bâle III sur la croissance économique »

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Selon Samir Assaf, le directeur général de la banque de financement et d'investissement du groupe HSBC, la régulation aura des conséquences négatives sur la croissance ainsi que sur la rentabilité des activités bancaires.

Pensez-vous que les normes Bâle III seront suffisantes pour éviter une nouvelle crise ?

Le renforcement des normes existantes contribuerait certes à renforcer la structure du système financier mais ce n'est pas suffisant. La qualité des régulateurs, celle du management des entreprises financières et une bonne coordination internationale sont encore plus importantes que les règles elles-mêmes. La crise financière ne peut d'ailleurs pas s'expliquer uniquement par la faiblesse des normes réglementaires.

Quel serait l'effet de ces normes sur la croissance économique ?

On peut nourrir des craintes en ce qui concerne l'effet sur la croissance économique : en effet, une étude du Parlement européen a évalué l'impact de court terme à - 0,18?% de produit net bancaire pour chaque point supplémentaire de capital requis et de - 0,15?% pour toute hausse d'un point du ratio de liquidité.

Et quelles seront les conséquences des nouveaux ratios pour la banque de financement et d'investissement (BFI) ?

Avec un même revenu pour un volume de capital requis plus important, mécaniquement il y aura une baisse de la rentabilité de l'activité de la BFI qui passera de 20?% à environ 15?% mais les actionnaires sont probablement prêts à ajuster leurs attentes en échange de plus de stabilité. Ma principale préoccupation réside dans le problème de coopération au niveau international. Les banques européennes se préparent pour Bâle III mais aussi pour Bâle II.5 (CRD 3) qui sera appliquée à partir du 31?décembre?2011 alors que les États-Unis n'ont pas encore décidé s'ils s'appliqueront Bâle II. Il ne faudrait pas que les banques européennes soient soumises à davantage de contraintes en capital pour les activités de trading et de titrisation par rapport aux établissements américains.

Va-t-on assister à une réorganisation du secteur de la BFI ?

Le retour à une rentabilité plus faible nécessitera de considérer une réorganisation de l'activité pour s'adapter aux nouvelles règles. Ces dernières ne sont cependant pas exagérément contraignantes mais un ajustement pourrait être nécessaire y compris sur les rémunérations.

Les « stress tests » bancaires, dont les résultats seront publiés mi-juillet, ne prennent pas en compte le risque souverain. Restent-ils pertinents ?

L'intérêt le plus notable de ces tests est qu'ils entraînent la publication des emplois des banques. Au-delà de la transparence qu'ils apportent, le niveau de stress qui leur est appliqué et l'importance de l'amplitude me semblent secondaires.

Mais comment les marchés vont-ils ?réagir, selon vous ?

Malheureusement les marchés en ce moment ne prêtent attention qu'à ce qui est négatif. Le plus raisonnable serait de ne pas amplifier le stress sur les dettes souveraines. Mais sur ce point les agences de notation ne facilitent pas la tâche. Leur évaluation du risque souverain diffère complètement de celui sur les entreprises individuelles. Pour ce qui concerne les États, il faudrait mettre en place un système de notation qui ne proviennne pas d'agences privées et non réglementées.

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