Les riches vraiment pour le symbole...

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Par François Roche

Les choses sont claires : il faut sauver la notation internationale de la France. François Fillon s'est fait hier le porte-parole du président pour défendre coûte que coûte le triple A que les plus orthodoxes des analystes lui contestent. Partant de là, que faire ? D'abord annoncer un calendrier de baisse des déficits entre 2011 et 2014, car les marchés apprécient la visibilité de l'action politique. Ensuite viser les recettes fiscales en priorité et non les dépenses, un exercice à haut risque, dans lequel nous n'excellons pas. François Fillon l'a annoncé lui-même ce mercredi, les dépenses de l'État ne baisseront que de 0,3 % entre 2008 et 2012. Troisième volet du plan : choisir des cibles politiquement « neutres » qui ne peuvent pas faire basculer une élection, en l'occurrence les entreprises et les riches. Les entreprises, et notamment les plus grandes d'entre elles, bénéficient de dispositions fiscales suffisamment attrayantes pour que leur taux d'imposition réel soit, en moyenne, inférieur au taux nominal et très en deçà de ce qu'acquittent les PME. Personne, même pas le Medef, ne songera sérieusement à crier au loup si certaines de ces « niches » sont remises en cause lorsque l'on examine l'évolution des profits des entreprises depuis deux ans. L'autre cible, les plus riches des Français, s'est, en quelque sorte, autodésignée. Il entre naturellement beaucoup de calcul et d'effet de manches dans cette volonté très médiatiquement affichée des plus fortunés d'être davantage taxés, au moins temporairement. Il est piquant de noter que ceux-là même qui brandissaient la menace de l'exil fiscal plaident aujourd'hui pour davantage d'impôts. Cette taxation reste toutefois symbolique, puisqu'elle ne rapporterait qu'environ 200 millions d'euros sur les 11 milliards du plan global. Nous sommes largement dans un exercice d'affichage, destiné à nous différencier de l'Espagne, de l'Italie ou du Portugal vis-à-vis de S&P, et s'il peut permettre de préserver la signature de la France, il aura finalement joué son rôle, au moins pour un temps.

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