IA générative : 2 ans, ça se fête !
Philippe Boyer

Photo d'illustration
LT / Firefly Adobe
Philippe Boyer

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Il y a quelques jours, s'est tenu à Paris l'OpenAI Exec Summit, évènement destiné à présenter, si l'on en doutait encore, les incroyables potentialités d'outils à base d'intelligence artificielle générative, à commencer par ChatGPT et ses nombreuses déclinaisons textuelles, vocales, vidéos... Au programme, des présentations de cas d'usage et cela presque deux années jour pour jour après l'irruption grand public de ChatGPT, un certain 30 novembre 2022.
Parmi les démonstrations, le cas de cette IA capable de prendre en charge le process de réparation et d'indemnisation des petits accrochages automobiles. Il suffit au conducteur victime d'envoyer à son assurance une photo de son phare endommagé et une IA prend le relai en analysant la gravité des dégâts, identifie les garages les plus proches, dialogue avec le professionnel via une voix synthétique d'un réalisme impressionnant, négocie le prix de la réparation et va même jusqu'à bloquer des créneaux de rendez-vous tout en revenant vers l'assuré pour lui indiquer la marche à suivre. Toutes ces étapes se réalisant presque sans intervention humaine. Une révolution dans la gestion des sinistres et plus largement de l'expérience client.
Cet exemple où le recours à la technique permet désormais de remettre en cause de nombreuses chaînes de valeur est loin d'être unique. Ici, un propriétaire qui souhaite rénover son bien sans savoir par où commencer, l'IA pourra être capable de l'assister en orchestrant les étapes de cette rénovation en commençant par scanner les espaces, produire des images de synthèse puis, à l'instar de l'exemple de l'assurance, contacter des professionnels pour obtenir des devis.
Ce qui est vrai pour la réparation du sinistre automobile ou la rénovation d'un bien peut aussi s'appliquer à l'assistance médicale à domicile, l'organisation de voyages, la maintenance prédictive de véhicules autonomes ou d'avions... la liste est presque infinie du fait de l'existence sur le marché de dizaines de grands modèles de langage qui, selon les tâches qu'on leur assigne, sont capables de prendre la main sur ce qui autrefois demandaient une action et une expertise humaines. C'est un fait : l'IA générative, technologie démiurge, est devenue incontournable et fera de plus en plus partie de nos vies.
Même grisés par leurs performances et l'extrême simplicité avec laquelle il est possible d'interagir avec ces machines, les IA génératives sont encore loin d'être des produits parfaits alors que de nombreuses et récurrentes questions se posent sur l'éthique ou la désinformation, en ce compris la production d'informations trompeuses, à l'instar de ces manipulations audios ou vidéos plus vraies que nature et à la portée de tous. Au chapitre des informations incorrectes, incohérentes ou inventées, citons également les « hallucinations » de la machine, ces réponses erronées qui ne sont basées sur aucune donnée réelle ou factuelle. Selon plusieurs études, celles-ci polluent entre 15 et 30 % des réponses proposées par les principales IA génératives.
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Sécuriser et fiabiliser les IA génératives constitue donc l'un des principaux enjeux des sociétés qui les développent. Sans cela, un sentiment de doute, voire de révolte, pourrait s'installer dans l'esprit de ces millions de « prompteurs » quotidiens qui se plaisent à interroger ces IA sur tout et n'importe quoi. Si parfois de telles requêtes relèvent, sans grande conséquence, du simple divertissement ou de l'opportunité de combler un manque d'inspiration pour rédiger un rapport, que se passerait-il si ces travers n'étaient pas assez pris en compte et corrigés en continuant à produire des résultats approximatifs, ou de dérailler avec aplomb et conviction. Dits autrement, accepterions-nous de placer nos vies « entre les mains » de ces programmes, a fortiori si ceux-ci devaient faire partie des appareils de bord de nos voitures ou être installés dans les postes de pilotage d'avions de ligne ?
À côté de ce défi central de la véracité de l'information produite, plusieurs autres enjeux sont régulièrement mis en avant en tant que défis pour que cette technologie de rupture puisse être perçue comme digne de confiance. Qu'il s'agisse du traitement des biais des modèles sur lesquels ces IA sont construites, de l'impact environnemental de l'IA en raison de l'immense besoin énergétique nécessaire à l'entrainement et au fonctionnement des machines ou encore de la régulation et du contrôle de l'utilisation de l'IA générative... on le voit, il y a encore deux ou trois petits sujets à régler.
Pour autant, n'oublions pas l'IA générative est encore très jeune, tout juste deux ans dans le cas de ChatGPT, beaucoup moins pour certains de ses concurrents. À cet âge, il est normal que la démarche soit encore hésitante et mal assurée. Avec le temps, espérons-le, ces technologies mûriront. C'est à ce prix qu'elles pourront tenir leur promesse, celle d'être au service du progrès humain. Sans quoi, pas sûr que nous soufflions avec le même entrain les bougies des anniversaires à venir.
Philippe Boyer
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