Fillon au finish ?

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François Fillon a profité de chacun de ses passages télé.
François Fillon a profité de chacun de ses passages télé. (Crédits : Reuters)
La surprenante percée de François Fillon en troisième homme de la primaire de la droite et du centre augmente le suspense du premier tour qui se tiendra dimanche.

A cinq jours du premier tour de la primaire de la droite et du centre, et à deux jours du dernier débat télévisé des 7 candidats, la campagne est en train de prendre un tour inattendu grâce à la rapide ascension de François Fillon.

C'est du moins ce que montrent les derniers sondages. Longtemps cantonné à 10%, en compagnie de Bruno Le Maire, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy se rapproche désormais de la barre des 20%. Certes, c'est encore loin des 30% d'Alain Juppé - qui reste le favori - et de Nicolas Sarkozy dont le duel a largement dominé la campagne. Mais si Trump l'a fait, pourquoi pas Fillon ? Un sondage publié aujourd'hui et réalisé par l'Ifop pour le compte de Paris-Match, I-Télé et Sud Radio, donne ainsi Alain Juppé à 33% (- 4 points en deux semaines), Nicolas Sarkozy à 30% (- 1 point) et François Fillon à 20% (+ 8 points).

Après "L'émission politique", une image émancipée

Cette percée avait commencé après le premier débat télévisé des candidats et, surtout, s'est affirmée à l'issue du passage dans « L'Emission politique » sur France 2. Mis sur le grill, François Fillon n'y avait esquivé aucune difficulté, affirmant ses convictions, refusant de céder à la facilité, allant jusqu'à déstabiliser la pourtant pugnace journaliste Léa Salamé. Cette volonté de ne pas chercher à jouer de la séduction, mais au contraire à suivre sans dévier sa ligne politique mariant conservatisme et libéralisme, traduction d'un programme cohérent et assumé franchement à droite, est en train de payer. François Fillon n'est plus perçu comme le « collaborateur » de Nicolas Sarkozy, il s'en est définitivement émancipé.

L'incertitude d'une consultation ouverte à qui veut

Si l'écart du nombre d'intentions de vote reste encore important avec les deux favoris, François Fillon a d'ores et déjà réussi à instiller le doute dans tous les camps. C'est déjà une performance : il prend des voix à tous les autres adversaires. Et cela pourrait se poursuivre. Comment vont réagir ceux qui soutiennent les autres candidats, dont on sait qu'ils ne seront pas présents au deuxième tour. Vont-ils voter utile dans le secret de l'isoloir ?  Et puis, qui va aller se prononcer dans cette consultation ouverte à qui veut ? Des électeurs potentiels de gauche et du Front national peuvent faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. C'est la grande inconnue du scrutin.

Avoir été Premier ministre n'est plus un handicap

Quel que soit le résultat qui s'affichera dimanche soir, François Fillon aura au moins montré que le rôle de Premier ministre n'est plus un handicap pour postuler à la fonction suprême, une partie des Français et des Françaises semblant désormais sensibles à la persévérance, la loyauté, la patience, l'expérience, voire l'abnégation dont font preuve désormais les Premiers ministres avec le quinquennat présidentiel... Ne voit-on pas d'ailleurs le même phénomène apparaître à gauche, avec un Manuel Valls qui, dans les sondages, apparaît désormais comme le candidat à la présidentielle le mieux placé si François Hollande décide de ne pas briguer un nouveau mandat ?

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Commentaires
a écrit le 16/11/2016 à 21:54 :
Je trouve excessivement déraisonnable de croire que quelque chose a changé juste parce que les instituts de sondage veulent créer un effet dramatique. Après la victoire de Trump et le référendum sur le Brexit, je ne comprend même pas qui que ce soit peut encore croire à leurs pronostics.

Cela dit mieux vaut tard que jamais, et si la droite se rendait effectivement compte uniquement maintenant qu'il y a un choix entre le FN et le Modem, ce serait plutôt plaisant, à part pour le FN et pour le Modem (qui ne participent ni l'un ni l'autre à la primaire et donc qui ne devraient y présenter aucun candidat).
a écrit le 16/11/2016 à 14:29 :
MR FILLON A LA CLASSE . IL A SUPPORTE L'AGITE PENDANT 5 ANS SANS CLAQUER LA PORTE. IL N'EST PAS ENARQUE . SES REFORMES SONT PROFONDES.JE VOTE POUR LUI
Réponse de le 17/11/2016 à 9:58 :
Nous aussi !!!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 16/11/2016 à 11:08 :
C'est un des trop rares hommes politiques :
- qui parlent bien le français,
- qui a des convictions et de la persévérance,
- qui sait reconnaître des erreurs notamment de méthode.

Je vote pour lui au 1er , 2ème tour des primaires et aux 1er et 2ème tour de la Présidentielle
Réponse de le 17/11/2016 à 10:00 :
Nous aussi car pas d'autre choix possible !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je ne vote pas pour un parti mais pour un homme et son programme
a écrit le 16/11/2016 à 9:46 :
"Avoir été Premier ministre n'est plus un handicap"

Il serait quand même bon d'attendre les résultats afin de prononcer ce genre de grandes phrases.

Ces primaires sont sans aucun intérêt et la population française ne s'y est pas trompée, si pour la premier débat les acteurs ont réussi à attirer 5.6 millions de personnes, un beau score, pour le second débat sur bfmtv, annoncé sur toutes les chaines télé et radios pendant des semaines pourtant, le score tombe brutalement à 2.9 millions.

Perte nette: 2.7 millions de téléspectateurs, près de 50% de parts de marché en moins, pas un échec, une déroute, alors que pourtant nous les voyons et entendons partout.

Ces primaires seront loin d'être aussi réussies que tout les médias le disent.
a écrit le 16/11/2016 à 9:46 :
résumons le choix :
1- un vieux monsieur, repris de justice, qui visiblement à bien du mal à gérer convenablement une simple ville.... et qui avait promis juré que sa vie son oeuvre c'était définitivement Bordeaux
2- un redoublant, qui peine toujours à masquer une nervosité maladive, jamais condamné grace à une justice laxiste digne d'une dictature bananière de la plus belle époque... recalé la dernière fois pour avoir montré qu'être un bon candidat ne fait pas le bon président... et qui avait promis juré qu'il prenait sa retraite politique...
3- un jeune loup, pas si jeune, qui a eu bien du mal à gouverner un pays qu'il disait à juste titre en faillite, qui veut devenir calife à la place du calife... dont l'intégrité et la sincérité, qui semblent plus honnêtes que chez les 2 précédents, fait franchement flipper...

bon choix mesdames, bon choix messieurs
a écrit le 16/11/2016 à 8:10 :
Fillon ignore le role de l'énergie. Et il n'est pas le seul!

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