Gaz : le robinet coupé

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L'Europe victime de la guerre du gaz entre la Russie et l'Ukraine. Moscou a fermé le robinet. Plusieurs pays (la Grèce, la Hongrie, la Bulgarie) ne reçoivent plus de gaz. La France est aussi touchée, Erik Izraelewicz ?

Oui, alors en France, ce n'est pas dramatique. Hier, les livraisons de gaz russes en France ont chuté de 70% ! Le gaz russe ne représente néanmoins qu'une très faible part de notre approvisionnement - 15% du total. Pas de panique donc.

Cela étant, cette nouvelle édition de la guerre du gaz entre Moscou et Kiev - on en avait déjà connue une en 2006, il y a deux ans, - c'est l'occasion de trois constats.

Premier constat, et là, rien de nouveau, la Russie n'est pas, elle ne peut toujours pas être considérée comme un partenaire économique normal. Son comportement, dans cette affaire, est totalement inadmissible. L'Ukraine, qui refuse de payer ses dettes à la Russie, a bien sûr aussi sa part de responsabilité dans la guerre actuelle. Cela étant, on coupe pas le robinet comme ça, on ne le coupe pas surtout pour les autres pays de la région qui ne sont pour rien dans cette affaire. Gazprom n'est pas une entreprise, c'est le bras armé de Moscou. Il faut le savoir.

Doit-on alors renoncer au gaz russe dans notre approvisionnement énergétique ?

Non, on ne le peut pas. La Russie, ce sont aujourd'hui les premières réserves mondiales de gaz. Pas possible d'y renoncer. On peut néanmoins, on doit même réduire au maximum notre dépendance à leur égard - chercher ailleurs, d'autres fournisseurs ; continuer surtout à diversifier nos sources d'énergie ! C'est le second constat.

Le troisième constat, c'est sur le rôle de l'Europe ?

Oui, troisième constat : cette crise montre, une nouvelle fois, l'interdépendance des pays européens en matière énergétique. Dans ce domaine, aucun pays n'est suffisamment fort, suffisamment grand, suffisamment puissant pour pouvoir défendre seul ses intérêts.

La Tchéquie, qui préside aujourd'hui l'Union, est très eurosceptique, on le sait. Elle n'aime pas Bruxelles, l'Europe et ses constructions baroques. Eh bien, même Prague l'eurosceptique est obligée de reconnaître que face à Moscou, le seul moyen, pour les pays européens, de se faire entendre, c'est de parler d'une seule voix, c'est d'avoir une politique énergétique commune certes, d'avoir aussi une politique extérieure commune. C'est la seule voie qui soit susceptible de faire flancher l'ours russe. La Pologne, la Hongrie, la Grèce, d'autres encore sont en train de faire pression sur Prague pour que l'Union prenne cette affaire en main. Cette crise va finalement faire comprendre aux Tchèques à quoi ça peut servir l'Europe. Elle aura au moins cela de salutaire !

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